Après la théorie, la pratique, enfin pour mon cas personnel, à J+23.

Le lendemain de l'accouchement, j'avais l'impression d'être passée sous un camion (ou un train, c'est comme vous voulez). Si j'ai échappé aux douleurs "dans les chairs" (mon périnée étant ressorti intact de l'épreuve), j'en ai eu des pas mal au niveau articulaire. J'avais lu quelques jours auparavant un excellent livre sur les suites de couches (où on apprend notamment que durant les 3 premières semaines il faudrait passer plus de temps allongée que debout pour éviter les descentes d'organes), et j'ai pleinement ressenti ce qui y était décrit. J'aurais d'ailleurs grandement apprécié qu'on me fasse les manoeuvres décrites dans le bouquin pour refermer le bassin (je l'ai bien suggéré à la sage-femme après l'accouchement mais elle a refusé, dommage ce n'était pas si sorcier que ça). En gros, je sentais mon bassin comme désarticulé, élargi, sensation très bizarre qui impose la prudence à chaque mouvement. Pour pallier à ça, j'ai beaucoup utilisé une ceinture spéciale de maintien du bassin lorsque j'étais debout (lors des épisodes de change/bain du bébé, ou des premières sorties), pendant 2 bonnes semaines (merci Aurélie pour le prêt !!).
J'ai eu aussi d'énoooormes courbatures dans tout le dos pendant 3 jours (genre j'ai déménagé tout l'appart' à moi toute seule), signe de l'importance de l'effort que j'ai fourni pour pondre ma coccinelle.

Toujours au rayon douleurs, les fameuses tranchées, c'est à dire les douleurs engendrées par les contractions de l'utérus afin qu'il retrouve sa taille normale. C'est comme des bonnes grosses douleurs de règles, similaire aussi aux premières contractions douloureuses de l'accouchement. Ça n'a pas duré plus de 3-4 jours, mais c'était franchement pénible, surtout qu'elles sont renforcées par l'allaitement, alors ça gâche un peu le plaisir (d'autant plus qu'à la même période les mamelons sont hyper sensibles, bref, c'est "que du bonheur"...).

Les saignements ont duré 15 jours, avec une première semaine assez abondante. J'étais bien contente d'avoir acheté des protections pour énurésiques, qui m'ont permise d'être en confiance même au milieu de la nuit lorsqu'il me fallait me contortionner pour allaiter. Et puis le périnée n'étant vraiment plus ce qu'il était... bref, je vous laisse imaginer ce qui arrive quand vous remarquez qu'en plein changement de la couche de bébé vous aimeriez bien vous retrouver rapidement au "petit coin".

D'ailleurs, à ce sujet, je suis bluffée de la "nouvelle" capacité de stockage de ma vessie ! J'avais oublié !!

Côté ligne, j'ai retrouvé mon poids initial d'avant grossesse. Je sais, ça énerve... ;-p Surtout que je mange comme 4 en ce moment, sans doute à cause de l'allaitement et des heures passées à porter/bercer bébé. J'ai encore un peu "de ventre", mais il paraît que ce n'est rien par rapport à d'autres. Moi, je n'ai pas de point de comparaison, mais c'est vrai que j'en ai beaucoup perdu depuis le lendemain de l'accouchement (disons que mes pantalons taille haute me serrent un peu à l'heure actuelle). Mais je sens que tout n'est pas encore vraiment en place, mon nombril a une drôle de tronche, et ça reste douloureux quand j'éternue, surtout quand Margaux se débat et me laboure le ventre à coups de pied (quelle force ça peut avoir, cette petite chose !). J'essaie autant que possible de ne pas solliciter mes abdos, mais c'est franchement difficile, surtout lors des séances d'allaitement nocturnes.

Et enfin côté énergie : les 2 premières semaines, j'étais une véritable larve. Heureusement Bousier a assuré le quotidien à 100% la 1ère semaine. J'ai rapidement ressenti des regains d'énergie, mais cela durait vraiment peu de temps. Une minuscule sortie, un petit coup de tâches ménagères, et j'étais bonne pour me reposer le reste de la journée. A présent, ma fatigue résiduelle est surtout due au manque de sommeil (je commence à en avoir un poil marre des nuits en super pointillé, j'espère que ça va s'améliorer dans pas trop longtemps). J'ai besoin de faire des siestes dans la journée, sinon je pète un cable trèèèès facilement. Car si la fragilité psychologique s'estompe, elle n'est tout de même pas très loin. C'est qu'il s'en passe des choses dans ma caboche, et j'ai à peine le temps de m'en rendre compte !

Ultime petit détail, je pers mes cheveux pas poignées ! J'ai intérêt à les attacher au saut du lit, sinon je suis certaine d'en retrouver dans les mains de ma fille, et... bon, c'est un peu tôt pour la diversification (et puis je me bats déjà contre les poils de chat) ! Pour l'avoir lu chez d'autres jeunes mamans, je sais que c'est normal, mais c'est impressionnant quand même. Heureusement que j'ai une sacré tignasse, je ne suis pas prête de devenir chauve !