28 juin 2009
Sevrage nocturne
"Sevrage de nuit". Il y a quelques jours encore, l'expression me faisait bondir, tellement je considérais cette "pratique" comme une mesure ultime pour "dresser" son enfant à dormir la nuit et à ne plus réveiller sa mère pour répondre à son "besoin de téter". Surtout, je me mettais à la place de ce bébé à qui on imposait cette décision unilatérale, je m'imaginais emplie de détresse et de souffrance face à ce changement si brusque et catégorique. Enfin, le terme "sevrage" me faisait vraiment peur, puisque 90% des tétées au quotidien étaient liées au sommeil (celui de la nuit ou des siestes).
Et puis...
Il y a quelques semaines j'ai pris le taureau par les cornes, j'ai osé décrocher mon téléphone pour demander de l'aide, et depuis ce temps j'ai posé quelques "paquets", versé quelques pas mal de larmes ; j'ai surtout mis un peu d'ordre dans ma petite tête. J'ai réalisé à quel point j'étais encore en totale fusion avec ma fille, au point de me servir d'elle pour combler mon vide affectif, à quel point j'étais tombé dans l'illusion de la "toute puissance", incapable de la confier plus que quelques heures (et encore, pas à n'importe qui !), terrorisée à l'idée que je puisse faire quelque chose qui puisse lui "faire du mal", qui plus est consciemment.
J'imagine que certaines de mes lectrices sont en train de bouillir derrière leur écran, se disant "Quel mal y a-t-il à être fusionnelle avec son enfant ? C'est normal ! C'est ce qu'a prévu la nature pour nous !". Certes, et je partage encore cette vision des choses ; mais peut-être avec un peu plus de mesure aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a pas aucun mal à être proche de ses enfants, tant que cela n'entrave pas leur autonomie. Comme tout dans la vie, et peut-être même plus quand il s'agit de nos enfants, il faut être dans la juste mesure ; ce n'était pas mon cas.
Voilà ce qui m'a amenée à songer au sevrage de nuit. Ma fille, à qui je fais une confiance aveugle quand il s'agit d'alimentation ou de motricité (certains songeront même que je suis inconsciente en nous observant, ou en apprenant qu'à 13 mois elle sait monter et descendre seule un escalier), j'agissais avec elle comme avec un nouveau-né dés que la nuit était tombée. Répondre à chacun de ses réveils en la mettant au sein, c'était devenu un frein, une entrave à cette autonomie à laquelle elle était capable d'accéder.
Attention à ne pas prendre ces lignes pour une recommandation valable pour tous les bébés ! Je parle d'un bébé qui a longtemps été dérangée par une allergie aux produits laitiers, se réveillant alors toutes les heures. Et même après plusieurs mois d'éviction stricte des aliments incriminés, elle se réveillait toujours toutes les 2 heures. Lui offrir alors le sein, c'était pour moi une question de survie : hors de question de mettre un pied en dehors du lit pour la bercer, c'était beaucoup trop épuisant. Et voilà comment j'ai contribué à installer cette habitude (le terme n'a rien de péjoratif : quand on prend le pli de se réveiller tous les jours à une heure dite, ne pas enclencher le réveil le premier jour des vacances ne nous empêche pas de nous réveiller à la même heure).
Ces derniers temps, je la faisais rouler contre moi, et une fois qu'elle avait terminé elle roulait d'elle-même dans son lit pour se réinstaller et se rendormir sur sa peau d'agneau. Souvent je me rendormais avant elle d'ailleurs.
Si elle s'était contentée de se réveiller 2 voire 3 fois dans la nuit, si je ne m'apprêtais pas à reprendre le chemin du boulot (et donc à lui faire vivre une séparation autrement plus importante que celle de la nuit), peut-être aurais-je accepté la situation encore plus longtemps, peut-être même jusqu'à ce qu'elle se mette d'elle-même à ne plus se/me réveiller (car je ne doute pas que cela ai pu arriver un jour sans que je ne tente d'agir dessus). Mais voilà, notre réalité est celle-là, et je ressens au plus profond de moi qu'il est temps de passer à autre chose (sans compter que Bousier se sent bien seul dans notre grand lit lorsque je déménage avec mon oreiller).
En début de semaine, j'ai ainsi prévenu Margaux que si le nombre de ses réveils nocturnes ne se réduisait pas, je ne lui proposerai plus de téter la nuit. J'ai bien regardé la situation avec recul, lu et relu des choses sur le sommeil des bébés, et je lui ai donc annoncé jeudi que je n'étais plus d'accord pour qu'elle tète tant qu'il faisait nuit (le jour se pointant vers 6h en ce moment, c'est quand même plus cool que si on était en plein mois de décembre, hein !). Je lui ai surtout dit que j'avais confiance, qu'elle avait en elle les ressources pour se rendormir sans téter. A ma grande surprise, la nuit ne s'est pas trop mal passée : tout autant de réveils que d'habitude, quelques protestations pour se rendormir mais finalement pas plus que ça. J'ai opté pour une transition en douceur : plus de tétées, mais quand même la présence de maman, une main sur le dos et une petite chanson fredonnée pour l'aider à se rendormir, et de l'eau si besoin. Bousier était prêt à se lever, mais je trouvais ça un peu trop brusque de lui supprimer d'un seul coup et le sein, et ma présence à ses côtés. Chaque chose en son temps... !
Il paraît que quand on "prend les choses en main", ça se règle en quelques nuits. Je ne peux malheureusement pas confirmer la règle, car vendredi après-midi la puce a commencé à avoir de la fièvre. Et lorsqu'elle s'est réveillée brûlante à 2h du matin, ne se satisfaisant pas de l'eau que je lui proposais, je n'ai pas eu le courage d'insister : j'ai préféré tout de suite la faire téter plutôt que d'essayer de la rendormir pour finalement craquer au bout de 10mn. Je ne souhaite pas prendre le risque de lui apprendre qu'en pleurant assez longtemps je finirais par changer d'avis, et puis il faut savoir s'adapter aux circonstances exceptionnelles.
Les 2 dernières nuits ont donc été un peu mouvementées, moins que la moyenne, mais je ne saurais dire si c'est suite à cette première nuit de sevrage ou à cause de la maladie.
La fièvre est toujours présente ce soir, on a RDV chez le doc demain pour comprendre ce qui peut bien se passer (dents ? piqûre de moustiques à répétition ? présence d'une tique sur sa tête mercredi ???).
Suite au prochain épisode, donc !
22 juin 2009
Pétition pour un Libre Choix de Naissance
A l'attention de : Ministre de la Santé
Contrairement à d’autres pays européens, force est de constater que la France n’offre toujours pas suffisamment de choix aux futurs parents pour la naissance de leur enfant.
- Alors que dans certains pays voisins, les accouchements à domicile sont considérés comme un choix tout aussi respectable et sécuritaire qu’un autre, en France ils se font rares et sont souvent très mal acceptés par le milieu médical ;
- Malgré le fait que des Maisons de Naissance indépendantes et situées hors des hôpitaux existent dans de nombreux pays européens et mondiaux, en France elles n’ont toujours pas l’autorisation de fonctionner comme elles le devraient ;
- La fermeture de plus en plus nombreuse des petites maternités ne laisse souvent pas d’autres alternatives aux futures mamans que de faire beaucoup de kilomètres pour aller accoucher dans une « grosse » maternité de niveau 3 ;
- De même, beaucoup de régions n’offrent pas d’autres options aux futures mamans que de donner la vie à l’hôpital où il est encore, dans bien des cas, difficile de faire entendre et accepter ses choix… alors que l’ouverture de plateaux techniques aux sages-femmes libérales serait une alternative intéressante aux futurs parents désirant un accompagnement global…
… C’est pourquoi une pétition nationale sur le « Libre Choix de Naissance »a été mise en ligne.
Par cette action, il ne s’agit pas ici de prôner une pratique plus qu’une autre, mais de réclamer plus de choix pour qu’en France, soit respecté la décision de chacune de pouvoir accoucher :
- A domicile;
- En Maison de Naissance;
- En pôle physiologique;
- Dans l'eau;
- En accompagnement global avec accès à un plateau technique
- ou même en Maternité, en ayant fait ou non un projet de naissance qui puisse être adopté et suivi avec respect…
… comme cela se pratique déjà dans d’autres pays…
Alors si vous aussi, vous trouvez important que ces choix puissent co-exister dans toutes les régions de France et que …
" Vous voulez rester libre de choisir comment et où naîtra votre enfant !"
Alors n'hésitez pas à signer et à diffuser largement cette pétition...
Lien vers l'association "Pour un libre choix de naissance"
18 juin 2009
La tête en vrac
Depuis plusieurs semaines déjà, je tente de prendre du recul sur tout ce qui m'a influencée dans ma façon d'être maman, que ce soit les automatismes dans lesquels je tombe encore souvent par imprégnation depuis ma "tendre" enfance, ou à l'opposé, tout ce que j'ai pu lire/voir/observer sur le maternage proximal et "l'accompagnement respectueux".
Tout ça me chamboule, je me cherche, petit à petit je fais le ménage dans ma tête, je remets en cause, je tente de trouver ma position, ce qui me convient, ce qui NOUS convient à ma petite famille et moi. Pas facile facile d'y voir clair tous les jours, et encore moins de résumer ça ici, de façon claire et concise. Un jour peut-être... ?
En attendant, j'avais à coeur de partager ici une prise de conscience récente : je réalise combien je me suis perdue à chercher "la bonne façon de faire" (voire "la meilleure"), combien je me suis coupée de l'écoute de moi-même et de mon bébé pour me contenter d'appliquer des recettes, tentant ainsi de m'approcher vainement de l'image que je me faisais de ce qu'était une "bonne mère", voir la "mère idéale/parfaite". Combien également je me suis mise toute seule la pression, et combien je me suis culpabilisée à chaque fois que je me voyais incapable d'appliquer les principes éducatifs auxquels je pensais devoir adhérer pour être un "bon parent".
Tout ça a contribué à me faire descendre au fond du trou, attaquant sérieusement une estime de soi déjà frêle et vacillante. Autant vous dire que le chemin est long pour remonter la pente, les moments de découragement, de dévalorisation et de doutes restent légion, mais je m'accroche - et heureusement que j'ai à mes côtés un Bousier d'une constance à toute épreuve... ou presque ;-). Qu'on ne se méprenne pas : je ne regrette aucunement toutes les "découvertes" que j'ai pu faire autour de l'art d'être parent. Mais si c'était à refaire, je tenterais de faire les choses à ma façon, en étant d'avantage à l'écoute de ce qui se passe au moment présent et dans mon coeur, plutôt que de persister en me disant que "c'est comme ça qu'il faut faire".
Bientôt j'espère être capable de parler de cette période au passé, et pouvoir ainsi partager avec d'autres mamans en difficulté les pistes qui m'ont permis de refaire surface.
Et alors que tout ça mouline (plus ou moins) tranquillement dans ma tête, voilà que je tombe par hasard sur le site de Laurence Paré-Tribodet et sur un de ses anciens billet qui exprime vraiment bien mon ressenti présent : Le maternage proximal n'est pas une assurance tous risques ! Si vous n'avez pas le temps d'aller le lire, je vous recopie ici les dernières lignes du billet :
"Je n'ai pas materné mon fils pour qu'il soit moins malade ou qu'il devienne plus indépendant. Je l'ai fait parce que j'en avais ENVIE.
Alors, lorsqu'on nous demande pourquoi on allaite notre enfant à 2,5 ans ou pourquoi on le porte en écharpe à 3 ans ou pourquoi il dort avec nous, ou pourquoi il n'a pas de couches, ne répondons pas par des chiffres et des résultats à des tests scientifiques, ne répondons pas par des phrases toutes faites tirées des magazines ou des livres pro-maternage.
Répondons par nos vraies raisons (c'est pratique, ça me plaît, ça me fatigue moins, c'est moins cher...) qui ne sont peut-être pas aussi glorieuses ni aussi épatantes, mais ces raisons-là sont les seules valables car ce sont les raisons du COEUR."
17 juin 2009
Acrobate
Vous voyez la miss, là ? :
16 juin 2009, parc de la Tête d'Or.
Elle est montée sur le chien jaune (oui oui, c'est un chien, mais ça se voit pas bien là)... TOUTE SEULE ! Bon, d'accord, "presque" toute seule. Je l'ai juste aidée en positionnant son pied sur la barre, parce qu'elle pédalait dans le vide à ce stade là (la faute à la couche lavable un peu trop épaisse, il faut bien l'avouer) :
l'étape d'après, elle se mettait debout... (d'où l'air très concentré sur la première photo)
Je ne m'attendais pas à ça aussi vite. Bien sûr, ça fait des semaines qu'elle sait grimper sur notre lit en prenant appui sur le rebord de notre sommier ; et ça fait quelques jours qu'elle sait en redescendre (et aussi du lit dans sa chambre, et du canapé, et même de la-table-à-langer-mais-là-je-la-laisse-pas-faire-!), en faisant demi-tour pour mettre les pieds d'abord. Ah, et puis il y a eu l'expérience de la veille, où elle a découvert chez une copine que les escaliers étaient un formidable site d'entraînement...
Comme pour le reste de son apprentissage de la motricité, je l'ai laissée libre, en étant tout de même pas trop loin, histoire de parer une éventuelle chute. Mais de chute, il n'y en eu point, c'est qu'elle maîtrise son affaire ! On m'avait dit que les enfants élevés dans le respect de leur liberté motrice étaient très audacieux quand il s'agit de grimper un peu partout et repousser les limites de leur équilibre (et tout aussi prudents pour descendre un moindre trottoir si à ce moment-là ils ne le sentent pas, d'ailleurs), mais je ne m'attendais pas à en faire l'expérience aussi vite. Bon, et bien il va nous falloir élever d'un étage les affaires qu'on avait mises hors de sa portée, je crois...
Si vous voulez en savoir plus sur la motricité libre, vous pouvez aller lire cet article, ou le livre Loczy ou le maternage insolite.
Et juste pour le plaisir de partager cette très jolie photo, après la séance d'escalade, on est allés faire coucou aux biches :
14 juin 2009
B O B (2)
Certains se souviendront que j'ai fait du vélo pendant une bonne partie de ma grossesse, et même à outrance sur la fin (histoire d'accélerer les choses, ce qui n'a pas du tout marché, hum hum). Forcément, avec le retour des beaux jours, ça me démangeait. Marre de trimballer jeux, couche et goûter en plus de la miss sur mon dos pour aller au parc, et pas envie d'utiliser le bus pour un trajet somme toute pas si long.
Alors j'ai osé le portage en écharpe à vélo. Porter devant, c'est franchement pas pratique, surtout quand on n'est pas très grande ; et il faut en tout cas un vélo type hollandais qui ne nécessite pas de se baisser pour attraper le guidon (si vous avez un VTT, vous pouvez oublier, donc). Par contre, sur le dos, ça le fait bien, c'est comme faire du vélo avec un gros sac à dos. Je me sentais même plus rassurée d'avoir mon bébé sur moi que dans un siège, en me disant qu'en cas d'accident je pouvais lâcher le vélo sans problème. Mais bon, ça tient chaud, de pédaler avec une écharpe entortillée autour de soi ! Et puis Margaux aime bien faire du vélo, à tel point qu'elle se mettait à se cambrer vers l'arrière pour applaudir ; on fait mieux au niveau équilibre et sécurité...
Alors j'ai sauté le pas il y a un mois, et je suis TRES contente d'avoir fait l'investissement d'un siège bébé à mettre sur l'avant du vélo. Margaux y est aux anges, et c'est beaucoup moins fatiguant pour moi. A nous la liberté !
siège Bobike acheté sur Amsterdamer.fr, avec le pare-brise assorti histoire de ne pas ajouter les mouches au menu du jour.
Edit pour répondre aux questions : le siège accueille l'enfant jusqu'à 15 kg, et à partir du moment où il a la musculature suffisant pour rester assis sans fatigue. Je dirais donc à partir du moment où il se met assis tout seul, et pas seulement "tient assis" quand on le met dans cette position.
Si vous achetez sur Internet, attention à bien choisir entre GMG et Bobike, les 2 sièges ne se montent pas de la même manière (chez nous le GMG était incompatible avec nos vélos).
01 juin 2009
Pêle-Mêle
Petit pêle-mêle pour les un an de Margaux. A l'heure de sa naissance !!!






