De la petite graine aux premiers pas

Le blog d'un couple lyonnais à la découverte de la parentalité.

16 novembre 2009

Vers une interdiction de la fessée ?

J'ai appris la nouvelle hier, la députée Edwige Antier relance le débat avec une proposition de loi pour interdire les châtiments corporels. Première réaction de ma part : me réjouir, bien entendu. Et puis je prends 5 mn pour surfer un peu et voir ce qui se dit à ce sujet, et je constate avec effarement (suis-je naïve, n'est-ce pas ?), que la nouvelle n'est pas du tout, du tout, DU TOUT, bien accueillie...

Je reviendrai sur le sujet plus en détails, ce sera l'occasion parfaite pour parler du livre d'Olivier Morel "Oui la nature humaine est bonne". J'aimerais juste poser ici une réflexion, inspirée par la lecture de certains commentaires posés par les internautes :

Pourquoi confondre RESPECT et CRAINTE ?

(car non, je ne crois pas que la fessée apprenne à l'enfant à respecter son prochain ; mais à le craindre, oui, certainement. Et pour moi, il y a un lien direct entre cette pratique et la "peur du gendarme" qui habite la plupart de mes "compatriotes".)

Et en attendant un billet "digne de ce nom", je vous invite à aller lire ce petit article : http://nouvoconso.canalblog.com/archives/2009/11/16/15814767.html

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30 septembre 2009

Ça approche...

Ce week-end, il est prévu que je parte du samedi midi au dimanche soir... seule.

Ça veut dire que Margaux va rester avec son papa pendant 36 heures, sans pouvoir téter. J'avoue que j'appréhende...

J'ai peur que ça se passe mal, que ce soit trop long pour elle. Je culpabilise de ne pas l'emmener avec moi. Et en même temps ce ne serait vraiment pas confortable, ni pour elle ni pour moi. En réalité je culpabilise de faire quelque chose qui me tient à coeur, mais qui n'est absolument pas vital pour moi.

Mais qui me tient vraiment à coeur...

Cruel dilemme, que d'avoir à choisir entre ses priorités et celles de son enfant. J'entends déjà ceux qui me diront qu'il est normal que je pense à moi, qu'il faut un équilibre, blablabla... J'entends aussi ceux qui trouvent que ma fille est encore bien petite, qu'elle a besoin de moi, que cette séparation créera une souffrance inutile, blablabla... Et j'entends également une petite voix au fond de moi qui m'invite à faire confiance, et à ma fille, et à mon mari, (et à moi d'ailleurs), qui me dit que ça peut tout aussi bien se passer à merveille ; mais qu'est-ce que j'ai du mal à l'écouter ! Qu'est-ce que la voix de la culpabilité peut être plus forte que tout !!

Parce qu'il est clair que quelque soit la solution, je me sentirais coupable :
- cas N°1 : coupable de la laisser,
- cas N°2 : coupable de l'emmener dans un endroit inconnu alors que je ne pourrais pas être disponible pour elle,
- cas N°3 :
coupable de rester "cloîtrée" à la maison
- cas N°4 : coupable de traîner mon mari tout un WE dans un endroit où il va s'emm... grave.

De toute façon, la culpabilité c'est sans issue, et c'est bien là où est le problème...

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30 août 2009

Demain...

Demain, c'est la "rentrée"... enfin, la mienne.

Je reprends le chemin du boulot...

Après 18 mois d'absence...

Il va falloir... :

  • mettre le réveil, m'habiller "correctement", me maquiller... et en plus m'occuper de la puce, tout ça pour partir à 8h...
  • me souvenir du mot de passe de mon PC (oups...), retrouver comment ça marche les systèmes informatiques qui auront sans doute dû changer depuis
  • trouver un coin pour tirer mon lait (parce que passer de "je n'sais pas combien de tétées par jour" à ... 3, ça va pas se faire du jour au lendemain sans dégâts)
  • me ré-habituer à l'ambiance, aux collègues, à tout ça...
  • surveiller l'heure, pour ne pas partir ni trop tôt ni trop tard, pédaler vite-vite-vite pour traverser la moitié de la ville et retrouver ma bichette qui m'aura sans doute beaucoup manquée...

pfffff....

J'VEUX PAS Y ALLEEEEEEEEEEER !!!!

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15 août 2009

Culpabilité

Comme jamais rien n'arrive par hasard, je suis entrée en possession il y a peu du livre "Le défi des mères - pour en finir avec le sentiment de culpabilité des mères qui travaillent" (A-Marie & Isabelle Filliozat). A 15 jours de la fin de mon congé parental c'est plutôt d'actualité, même je ne me sens pas vraiment envahie par la culpabilité à l'idée de reprendre le boulot (parfois j'ai même l'impression de le "mériter", après cette année écoulée, je ressens le besoin d'être relayée). Mais comme j'ai envie que ça se passe le mieux possible, aussi bien pour Margaux que pour moi, je me suis dit que je pourrais peut-être trouver quelques pistes dans cette lecture. Et voilà que je tombe sur ce passage que je trouve très juste :

"Refuser de se sentir coupable, c'est refuser d'entendre la réalité de l'autre.

Mais se sentir en faute exagérément, c'est nier sa propre réalité".

Je trouve que ça concerne tous le domaines de la vie de parent, si ce n'est tous les domaines de la vie tout court. Tout est une question de juste milieu, d'équilibre, d'ajustement, de tâtonnements...

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14 août 2009

Une page se tourne

De retour de nos vacances au vert au fin fond du milieu de nulle part, où on a bien rouillé, pris quelques coups de soleil (les parents, parce que la bichette je l'ai tartinée à l'indice 40 filtre minéral qui colle bien à la peau et résiste à l'eau - même celle de la Saône !), et bien profité de nos vélos. Margaux en a même profité pour faire ses "vrais" premiers pas hier, sous le regard enthousiaste de sa grand-mère ! La veille, elle se mettait debout seule sans aide (comprendre sans quelque chose de plus haut que le sol sur lequel s'appuyer). Et aujourd'hui elle s'entraîne, parce que c'est encore bien chancelant.

Voilà donc les vacances qui s'achèvent... Lundi, on commence la période d'adaptation chez la nounou. Et le 31 je reprends le boulot... Avec beaucoup d'ambivalence, à la fois contente de passer à autre chose, triste de ne plus voir ma puce dans ses progrès quotidiens, quelque part un peu déçue de ne pas être "meilleure" mère que je ne le suis (à mes yeux bien sûr... oui oui, j'ai encore du boulot à faire sur le chemin de l'estime de moi-même...), curieuse de voir ce qui a changé (ou pas) dans mon job, enthousiaste d'avoir d'autres fréquentations et sujets de conversation.

Bref, je suis mitigée, partagée, tout ça quoi ! Mais bien consciente que c'est la fin d'une époque, et le début d'une autre ;-)

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28 juin 2009

Sevrage nocturne

"Sevrage de nuit". Il y a quelques jours encore, l'expression me faisait bondir, tellement je considérais cette "pratique" comme une mesure ultime pour "dresser" son enfant à dormir la nuit et à ne plus réveiller sa mère pour répondre à son "besoin de téter". Surtout, je me mettais à la place de ce bébé à qui on imposait cette décision unilatérale, je m'imaginais emplie de détresse et de souffrance face à ce changement si brusque et catégorique. Enfin, le terme "sevrage" me faisait vraiment peur, puisque 90% des tétées au quotidien étaient liées au sommeil (celui de la nuit ou des siestes).

Et puis...

Il y a quelques semaines j'ai pris le taureau par les cornes, j'ai osé décrocher mon téléphone pour demander de l'aide, et depuis ce temps j'ai posé quelques "paquets", versé quelques pas mal de larmes ; j'ai surtout mis un peu d'ordre dans ma petite tête. J'ai réalisé à quel point j'étais encore en totale fusion avec ma fille, au point de me servir d'elle pour combler mon vide affectif, à quel point j'étais tombé dans l'illusion de la "toute puissance", incapable de la confier plus que quelques heures (et encore, pas à n'importe qui !), terrorisée à l'idée que je puisse faire quelque chose qui puisse lui "faire du mal", qui plus est consciemment. 

J'imagine que certaines de mes lectrices sont en train de bouillir derrière leur écran, se disant "Quel mal y a-t-il à être fusionnelle avec son enfant ? C'est normal ! C'est ce qu'a prévu la nature pour nous !". Certes, et je partage encore cette vision des choses ; mais peut-être avec un peu plus de mesure aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a pas aucun mal à être proche de ses enfants, tant que cela n'entrave pas leur autonomie. Comme tout dans la vie, et peut-être même plus quand il s'agit de nos enfants, il faut être dans la juste mesure ; ce n'était pas mon cas.

Voilà ce qui m'a amenée à songer au sevrage de nuit. Ma fille, à qui je fais une confiance aveugle quand il s'agit d'alimentation ou de motricité (certains songeront même que je suis inconsciente en nous observant, ou en apprenant qu'à 13 mois elle sait monter et descendre seule un escalier), j'agissais avec elle comme avec un nouveau-né dés que la nuit était tombée. Répondre à chacun de ses réveils en la mettant au sein, c'était devenu un frein, une entrave à cette autonomie à laquelle elle était capable d'accéder.

Attention à ne pas prendre ces lignes pour une recommandation valable pour tous les bébés ! Je parle d'un bébé qui a longtemps été dérangée par une allergie aux produits laitiers, se réveillant alors toutes les heures. Et même après plusieurs mois d'éviction stricte des aliments incriminés, elle se réveillait toujours toutes les 2 heures. Lui offrir alors le sein, c'était pour moi une question de survie : hors de question de mettre un pied en dehors du lit pour la bercer, c'était beaucoup trop épuisant. Et voilà comment j'ai contribué à installer cette habitude (le terme n'a rien de péjoratif : quand on prend le pli de se réveiller tous les jours à une heure dite, ne pas enclencher le réveil le premier jour des vacances ne nous empêche pas de nous réveiller à la même heure).
Ces derniers temps, je la faisais rouler contre moi, et une fois qu'elle avait terminé elle roulait d'elle-même dans son lit pour se réinstaller et se rendormir sur sa peau d'agneau. Souvent je me rendormais avant elle d'ailleurs.

Si elle s'était contentée de se réveiller 2 voire 3 fois dans la nuit, si je ne m'apprêtais pas à reprendre le chemin du boulot (et donc à lui faire vivre une séparation autrement plus importante que celle de la nuit), peut-être aurais-je accepté la situation encore plus longtemps, peut-être même jusqu'à ce qu'elle se mette d'elle-même à ne plus se/me réveiller (car je ne doute pas que cela ai pu arriver un jour sans que je ne tente d'agir dessus). Mais voilà, notre réalité est celle-là, et je ressens au plus profond de moi qu'il est temps de passer à autre chose (sans compter que Bousier se sent bien seul dans notre grand lit lorsque je déménage avec mon oreiller).

En début de semaine, j'ai ainsi prévenu Margaux que si le nombre de ses réveils nocturnes ne se réduisait pas, je ne lui proposerai plus de téter la nuit. J'ai bien regardé la situation avec recul, lu et relu des choses sur le sommeil des bébés, et je lui ai donc annoncé jeudi que je n'étais plus d'accord pour qu'elle tète tant qu'il faisait nuit (le jour se pointant vers 6h en ce moment, c'est quand même plus cool que si on était en plein mois de décembre, hein !). Je lui ai surtout dit que j'avais confiance, qu'elle avait en elle les ressources pour se rendormir sans téter. A ma grande surprise, la nuit ne s'est pas trop mal passée : tout autant de réveils que d'habitude, quelques protestations pour se rendormir mais finalement pas plus que ça. J'ai opté pour une transition en douceur : plus de tétées, mais quand même la présence de maman, une main sur le dos et une petite chanson fredonnée pour l'aider à se rendormir, et de l'eau si besoin. Bousier était prêt à se lever, mais je trouvais ça un peu trop brusque de lui supprimer d'un seul coup et le sein, et ma présence à ses côtés. Chaque chose en son temps... !

Il paraît que quand on "prend les choses en main", ça se règle en quelques nuits. Je ne peux malheureusement pas confirmer la règle, car vendredi après-midi la puce a commencé à avoir de la fièvre. Et lorsqu'elle s'est réveillée brûlante à 2h du matin, ne se satisfaisant pas de l'eau que je lui proposais, je n'ai pas eu le courage d'insister : j'ai préféré tout de suite la faire téter plutôt que d'essayer de la rendormir pour finalement craquer au bout de 10mn. Je ne souhaite pas prendre le risque de lui apprendre qu'en pleurant assez longtemps je finirais par changer d'avis, et puis il faut savoir s'adapter aux circonstances exceptionnelles.

Les 2 dernières nuits ont donc été un peu mouvementées, moins que la moyenne, mais je ne saurais dire si c'est suite à cette première nuit de sevrage ou à cause de la maladie.
La fièvre est toujours présente ce soir, on a RDV chez le doc demain pour comprendre ce qui peut bien se passer (dents ? piqûre de moustiques à répétition ? présence d'une tique sur sa tête mercredi ???).

Suite au prochain épisode, donc !

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18 juin 2009

La tête en vrac

Depuis plusieurs semaines déjà, je tente de prendre du recul sur tout ce qui m'a influencée dans ma façon d'être maman, que ce soit les automatismes dans lesquels je tombe encore souvent par imprégnation depuis ma "tendre" enfance, ou à l'opposé, tout ce que j'ai pu lire/voir/observer sur le maternage proximal et "l'accompagnement respectueux".

Tout ça me chamboule, je me cherche, petit à petit je fais le ménage dans ma tête, je remets en cause, je tente de trouver ma position, ce qui me convient, ce qui NOUS convient à ma petite famille et moi. Pas facile facile d'y voir clair tous les jours, et encore moins de résumer ça ici, de façon claire et concise. Un jour peut-être... ?

En attendant, j'avais à coeur de partager ici une prise de conscience récente : je réalise combien je me suis perdue à chercher "la bonne façon de faire" (voire "la meilleure"), combien je me suis coupée de l'écoute de moi-même et de mon bébé pour me contenter d'appliquer des recettes, tentant ainsi de m'approcher vainement de l'image que je me faisais de ce qu'était une "bonne mère", voir la "mère idéale/parfaite". Combien également je me suis mise toute seule la pression, et combien je me suis culpabilisée à chaque fois que je me voyais incapable d'appliquer les principes éducatifs auxquels je pensais devoir adhérer pour être un "bon parent".

Tout ça a contribué à me faire descendre au fond du trou, attaquant sérieusement une estime de soi déjà frêle et vacillante. Autant vous dire que le chemin est long pour remonter la pente, les moments de découragement, de dévalorisation et de doutes restent légion, mais je m'accroche - et heureusement que j'ai à mes côtés un Bousier d'une constance à toute épreuve... ou presque ;-). Qu'on ne se méprenne pas : je ne regrette aucunement toutes les "découvertes" que j'ai pu faire autour de l'art d'être parent. Mais si c'était à refaire, je tenterais de faire les choses à ma façon, en étant d'avantage à l'écoute de ce qui se passe au moment présent et dans mon coeur, plutôt que de persister en me disant que "c'est comme ça qu'il faut faire".
Bientôt j'espère être capable de parler de cette période au passé, et pouvoir ainsi partager avec d'autres mamans en difficulté les pistes qui m'ont permis de refaire surface.

Et alors que tout ça mouline (plus ou moins) tranquillement dans ma tête, voilà que je tombe par hasard sur le site de Laurence Paré-Tribodet et sur un de ses anciens billet qui exprime vraiment bien mon ressenti présent : Le maternage proximal n'est pas une assurance tous risques ! Si vous n'avez pas le temps d'aller le lire, je vous recopie ici les dernières lignes du billet :

"Je n'ai pas materné mon fils pour qu'il soit moins malade ou qu'il devienne plus indépendant. Je l'ai fait parce que j'en avais ENVIE.

Alors, lorsqu'on nous demande pourquoi on allaite notre enfant à 2,5 ans ou pourquoi on le porte en écharpe à 3 ans ou pourquoi il dort avec nous, ou pourquoi il n'a pas de couches, ne répondons pas par des chiffres et des résultats à des tests scientifiques, ne répondons pas par des phrases toutes faites tirées des magazines ou des livres pro-maternage.

Répondons par nos vraies raisons (c'est pratique, ça me plaît, ça me fatigue moins, c'est moins cher...) qui ne sont peut-être pas aussi glorieuses ni aussi épatantes, mais ces raisons-là sont les seules valables car ce sont les raisons du COEUR."

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24 mai 2009

Bientôt 1 an...

Petit brin de nostalgie, quand je repense à ma situation il y a 1 an tout pile, à ces 2 semaines de tensions qui ont un peu gâché la fin de ma grossesse... Dans quelques jours Margaux va (tenter de) souffler sa première bougie, et ça me fait tout drôle. C'est passé super vite, et en même temps j'ai aussi l'impression que ça fait une éternité, que ma "vie d'avant" me semble bien bien loin derrière.

J'ai quelques regrets : s'il fallait recommencer je ferais certaines choses autrement. Et en même temps, depuis quelques semaines que je me sens enfin sortir la tête du trou, je suis pleine de reconnaissance et de bienveillance face à ces difficultés qui m'ont amenée à prendre le taureau par les cornes et me donner les moyens de trouver de vraies solutions.

J'espère trouver bientôt le temps de détailler tout ça, en espérant que ça puisse en aider d'autres autant que moi, mais en quelques mots, voici les pistes que j'explore : EFT, NAET, haptonomie.

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08 mai 2009

Manifeste d'une mère qui fait ce qu'elle peut

Dès qu'on touche à la parentalité, tout le monde a son avis sur la question, et s'empresse généralement de l'exposer. Aussi bien les parents que les non-parents, et même les professionnels de santé, qui trouvent leur mots à dire sur des sujets qui ne touchent pas la santé d'ailleurs. Pour peu qu'on soit un tantinet dans une phase de doute et dans la remise en cause de ses certitudes, tous ces avis nous arrivent en plein coeur, comme autant de conseils et d'injonction à faire "ce qu'il faut." C'est décourageant, ça déstabilise, ça peut même avoir l'effet inverse de celui escompté.

Et nous voilà en train d'entendre :
à droite, qu'il faut allaiter l'enfant à la demande et répondre systématiquement à son besoin de succion, à gauche qu'il ne faut pas se laisser vampiriser ni devenir un satellite de son bébé ;
ici que l'enfant doit apprendre à se socialiser, et là que pendant ses premières années l'enfant n'a besoin de personne d'autre que sa mère (ou tout du moins ses parents) ;
un jour qu'il faut poser des limites et un cadre de vie structurant, le lendemain qu'il faut laisser l'enfant faire ses propres expériences en toute liberté ;
sans oublier que pour les uns la frustration est une étape nécessaire pour la construction de l'individu, alors que les autres vous affirmeront que la solution réside dans une remise en question perpétuelle des évènements du quotidien pour s'adapter à chacun.

Dans tous ces conseils, pas une once d'écoute, pas un soupçon de tentative pour savoir comment le (nouveau) parent aborde tous ces chamboulements dans sa vie et dans sa tête. On ne cherche qu'à lui donner une principe universel applicable en tout temps et en tout lieu.

MAIS C'EST PAS ÇA LA VIE !

Alors... et si on arrêtait de voir les parents comme des incapables qui vont forcément se planter ? Ou plutôt...  et si on acceptait de les laisser se planter, hein ?

Si on les laissait user de leur liberté et de leur autonomie, pour trouver en eux leurs propres réponses,
Si on acceptait que les solutions qui leur conviennent ne sont peut-être pas identiques à celle du voisin, sans pour autant être jugées "meilleures" ou "insuffisantes",
Si on leur laissait le temps de parcourir leur propre chemin, à LEUR rythme, en fonction de LEUR histoire personnelle,
Si au lieu de voir leurs "insuffisances", on se contentait de voir leurs difficultés à affronter leurs blocages personnels,
Si au lieu de leur faire la leçon et pointer du doigt leurs problèmes, on se contentait de leur proposer une oreille attentive et empathique, un soutien sans faille et sans jugement...

... Je crois que la vie de parent serait plus douce et plus facile, et que celle des enfants serait peut-être elle aussi plus douce, du coup...

Parce que je suis persuadée qu'il n'y a pas de mauvais parents, tout comme il n'y a pas de parents parfaits. Il n'y a que des enfants qui ont souffert de manques, et qui en grandissant ont développé des stratégies pour les compenser. Et ces enfants un jour deviennent parents à leur tour, et se retrouvent alors face à ces manques et ces blessures qui n'ont pas guéri.

TOUS, nous souhaiterions le meilleur pour nos enfants, aussi bien que pour tous les enfants du monde. Commençons par prendre soin des anciens enfants que nous étions, et n'oublions pas que tous les parents du monde font ce qu'ils peuvent, avec ce qu'ils ont reçu, tout simplement...

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07 mai 2009

Sommeil paradoxal

Cette nuit, Margaux a dormi d'une traite de 22h (j'étais même pas encore couchée, youhou !) à 01h40. Ça m'a fait tout bizarre. Et pendant qu'elle tétait à moitié endormie, je me suis mise à penser que le jour où elle ferait une nuit complète sans que je n'ai besoin de la rejoindre, ça me manquerait de me réveiller sans elle...

oui, je sais, c'est du grand n'importe quoi dans ma tête...

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