13 octobre 2009
Grippe et allaitement
Puisque c'est actuellement la SMAM (Semaine mondiale de l'allaitement), et que je viens de tomber sur un communiqué de la Cofam, je passe l'info :
20 Septembre 2009
Communiqué de la CoFAM sur la grippe A(H1N1) 2009
A propos de la grippe A(H1N1), de nombreux communiqués ont déjà été publiés. Toutefois, la Coordination Française pour l’Allaitement Maternel (CoFAM) souhaite souligner plusieurs points :
1. Dans les circonstances actuelles, il persiste encore de nombreuses incertitudes sur l’évolution de la pandémie et sur l’efficacité des vaccins. Il s’agit donc de se préparer avec « modération », sans affolement, ni psychose.
2. La clinique de la grippe A(H1N1) est similaire à celle de la grippe saisonnière : début brutal avec fièvre supérieure à 38°, courbatures, fatigue associées à des signes respiratoires (toux ou gêne respiratoire). Chez le jeune enfant, on peut observer des troubles digestifs et, parfois, un mauvais état général. Un malade atteint de la grippe A(H1N1) n’est pas un « pestiféré » : pour le moment, cette grippe ne semble pas plus
dangereuse que les grippes saisonnières
3. Toutefois sa très forte contagiosité peut créer des difficultés : d’une part, plus les malades sont nombreux et plus les sujets fragiles risquent d’être atteints par le virus et, d’autre part, un très grand nombre de malades dans le même temps peut désorganiser les familles et la société, pouvant créer ainsi des difficultés économiques supplémentaires. Par ailleurs, le malade étant contagieux déjà un jour ou deux avant le début des symptômes, cela complique les mesures de prévention.
4. Comme pour les grippes saisonnières, les risques de la grippe A sont la décompensation d’une maladie sévère déjà existante, la surinfection bactérienne (qui nécessitera des antibiotiques) et l’infection pulmonaire directe par le virus. Celle-ci est rare, mais serait plus grave avec le virus A(H1N1) qu’avec les virus des grippes saisonnières.
5. Enfin, parmi les sujets à risques, les femmes enceintes et les jeunes nourrissons sont plus exposés aux surinfections et aux complications graves.
6. Devant cet état de faits, les réponses médicales sont nécessaires, mais il est tout aussi indispensable que chacun fasse preuve de solidarité et de « souci de l’autre » pour éviter les dérives. Cela veut dire qu’il faut commencer par se poser les questions : « Qui est vulnérable dans mon entourage ? Qui aura besoin de soutien en cas de forte épidémie ? » Cela signifie aussi qu’il faut éviter autant que possible les contacts inutiles avec les sujets fragiles : se dire bonjour sans se serrer la main et sans embrassades, limiter les visites en maternité (seulement la famille proche, non malade), rester prudent dans les contacts avec
les familles où il y a une femme enceinte ou un jeune nourrisson, garder la mère et son nourrisson en grande proximité et encourager le peau contre peau fréquent, éviter de partager les jouets et autres objets ayant un contact avec le bébé, protéger son entourage quand on tousse (mouchoirs, lavage des mains, voire masques).
7. Dans ce contexte de pandémie, il y a lieu de rappeler l’effet très protecteur de l’allaitement maternel : le lait de mère est antimicrobien et antiviral ; il permet de moduler l’immunité de l’enfant ; il diminue très nettement la vulnérabilité des enfants aux infections ainsi que les hospitalisations pour troubles respiratoires. Les bénéfices sont optimaux lorsque l’allaitement est exclusif jusqu’à six mois, mais l’allaitement partiel
(c’est-à-dire en association avec d’autres liquides) peut apporter un certain degré de protection. Les professionnels de santé doivent donc encourager les mères à allaiter et les aider à poursuivre sereinement leur allaitement. En cas de difficultés, puisque les professionnels ont peu ou pas de formation initiale sur la lactation, il ne faut pas hésiter à solliciter l’avis d’un(e) consultant(e) en lactation et/ou l’aide d’une association locale de soutien. Dans le même esprit, les entreprises devraient faciliter le maintien de l’allaitement maternel pour leurs employées reprenant le travail après le congé de maternité.
8. Si la mère est malade, il est fortement recommandé qu’elle continue d’allaiter son bébé en augmentant la fréquence des tétées
- Il n’y a pas lieu de séparer la mère et l’enfant, le lait maternel apportant une couverture immune parfaitement adaptée à l’environnement microbien et viral de la mère (par le biais du cycle entéro-mammaire).
- En cas de fièvre maternelle élevée et de grande fatigue, il convient de faire attention au partage de lit, en particulier avec un nourrisson de moins de 6 mois. Il est préférable de reposer le bébé dans son lit, placé à côté du lit de la mère.
- Contrairement à ce qui a été écrit, il n’est pas nécessaire de tirer le lait de la mère pour le donner séparément : la mise en oeuvre d’une telle pratique est trop compliquée par rapport aux bénéfices attendus ; de plus, elle est trop anxiogène et risquerait de contrarier la lactation. Le tire-lait sera utilisé seulement si la mère est trop malade pour arriver à mettre son bébé au sein en toute sécurité, ou si le bébé est trop malade pour pouvoir téter efficacement. (Centers for Disease Control and Prevention & Academy of Breastfeeding Medicine)
- Le traitement par les antiviraux Tamiflu (oseltamivir) ou Refenza (zanamivir), recommandés dans certains cas de grippe A(H1N1), est compatible avec l’allaitement. Le paracétamol pour la fièvre et l’ibuprofène pour les douleurs musculaires peuvent être utilisés. Les produits contenant de l’aspirine seront évités.
- Bien évidemment, la maman malade respectera les règles d’hygiène : lavage des mains très soigneux avant chaque tétée et dans la journée, port d’un masque pour protéger l’entourage, y compris lorsqu’elle allaite son bébé, désinfection régulière des jouets du bébé.
- Dans le cas particulier d’une mère qui a de la fièvre, des frissons, des courbatures, une grande fatigue, mais pas de toux et avec une douleur et/ou une zone indurée dans un sein, il s’agit probablement d’une mastite (inflammation du sein) et non pas d’une grippe. La poursuite de l'allaitement est possible et même recommandé pendant le traitement d'une mastite. Si besoin, le médecin pourra se rapprocher d'un(e) consultant(e) en lactation ou d'une association de soutien pour plus d'informations.
9. En cas de contamination maternelle du péripartum, la situation sera gérée au « cas par cas », en fonction de l’état de la mère et en étant particulièrement vigilant sur le lavage des mains et sur le port du masque chez la mère. L’effet protecteur du lait maternel, et notamment l’extraordinaire capacité anti-infectieuse du colostrum, seront mis en balance avec un éventuel risque de contamination.
10. Si le nourrisson est atteint de grippe, la poursuite de l’allaitement est fortement recommandée. Le port de masque est conseillé pour un enfant, mais impossible à appliquer chez un nourrisson. En cas de suspicion de grippe avant un an, une consultation à l’hôpital est essentielle afin de confirmer le diagnostic par un prélèvement et de donner un traitement éventuel, seulement à bon escient (traitement peu validé à cet âge).
11. Enfin, ce n’est pas le rôle de la CoFAM de donner des recommandations pour la vaccination. Toutefois, signalons que la vaccination est possible chez une femme qui allaite. Mais les vaccins traditionnels contre la grippe saisonnière ne protègent pas contre la grippe A(H1N1). Par ailleurs, il n’y a pas de données suffisantes, pour le moment, sur les vaccins H1N1-2009.
09 octobre 2009
Nouvelle édition de la Grande Tétée
Petit relai d'info - j'espère que le soleil sera de la partie... La rencontre aura lieu le Dimanche 11 octobre 2009 à 14h au parc de la Tête d'Or, sur la pelouse des ébats, rendez-vous à partir de 13h15. Vous trouverez plus d'information sur la page ville du site internet de la Grande Tétée :
Même si vous n'allaitez plus, ou pas encore, vous pouvez venir, de ce fait n'hésitez pas à en parler autour de vous, même à des mamans qui n'allaitent pas, car peut-être aimeraient-elles avoir des informations pour leurs futures grossesses. Le but de cette rencontre est de valoriser l'allaitement maternel, et de rassembler parents, associations, professionnels de santé et de petite enfance, de façon à ce que chacun ait en main toutes les informations pour faire son choix, que ce soit de ne pas allaiter, ou d'allaiter 3 jours, 3 mois ou 3 ans. Chaque choix est personnel et respectable. Les thèmes abordés cette année reprennent la thématique de la SMAM 2009, vous les retrouverez ici :
http://www.grandetetee.com/smam.php?current=two
07 octobre 2009
Jamais sans ma fille (ou presque)
Il a fallu choisir, entre les diverses solutions absolument pas idéales ni les unes ni les autres, celle qui semblait être la plus confortable pour tout le monde. Et voilà comment je suis partie pendant près de 31h (donc si vous comptez bien ça inclut une nuit...), sans mon mari, sans le chat, et (surtout) sans ma fille. Avec le doute jusqu'au bout, prête à changer d'avis lorsqu'elle s'est mise à pleurer en s'agrippant à moi au moment de partir. Mais comme Bousier ne voulait pas qu'on change les plans, on a pris le temps de se dire au revoir : encore une tétée, un câlin, un bisous. J'ai bien fait, plutôt que de m'enfuir en courant le ventre serré, je suis partie avec la vision de ma bichette dans les bras de son papa et me disant au revoir de la main avec un grand sourire.
Après une heure de route, j'arrive "au château", où je vais passer cette journée 1/2 à apprendre des tas de trucs intéressants sur l'allaitement. Tout le monde arrive petit à petit, on se dépêche de manger pour démarrer dans les temps (ouf, les organisatrices ont prévu large, on démarre avec 1h de retard sur le planning mais en fait s'pas grave). On enchaîne les ateliers, les pauses, le dîner, et je me retrouve entourée de pleins de bébés. Certains sont seuls avec leur maman et je me demande si j'ai fait le bon choix, ma pépète me manque un peu quand même. J'appréhende de savoir comment va se passer leur nuit là-bas, et en même temps de me réjouis de pouvoir dormir en pensant rien-qu'à-moi. J'ai accumulé de la fatigue mais je traîne à papoter, je n'aurais pas dû, je vais mettre plus d'une heure avant de m'endormir. Mais avant ça il faut faire une "vidange", histoire de s'assurer une nuit confortable : le bib' du tire-lait et trop petit, je récupère 150ml sans forcer ! (mais que vais-je faire de tout ça alors qu'elle ne veut plus en boire chez la nounou ?).
La nuit se passe... pas trop mal. J'ai le sommeil tout détraqué et le moindre bruit me réveille. Heureusement le bébé qui dort avec sa maman dans notre chambre est des plus discrets (la veinarde me dis-je). D'autres n'ont pas cette chance à l'autre bout du couloir. J'attends l'heure du petit-dèj' pour me lever (trop habituée aux réveils matinaux, scrogneugneu), et re-séance de tire-lait avant le redémarrage des festivités. De nouveaux 150ml (!), cette fois c'est sûr, on va avoir droit à une soirée crêpes dans la semaine. La journée passe vite, mais je sens la fatigue me tomber dessus. Le dernier atelier demande de la concentration et fini en retard, alors que j'ai hâte de retrouver les miens.
Quand j'arrive à la maison, c'est la fête, et les spaghettis entamés attendront après la tétée (pas à ma demande, mais ça m'arrange bien quand même).
Et la question que tout le monde se pose : comment Margaux a-t-elle dormi ?
Réponse : comme d'habitude. Elle s'est autant réveillée qu'avec moi. Bousier a assuré et a su la rendormir avec facilité (elle n'a même pas voulu mon lait de tout le WE). Donc RAS.
Je suis rassurée. Et donc doublement contente de mon WE, où j'ai pu discuter avec des allaitantes au long cours, apprendre des trucs passionnants, et bien profiter de ce changement d'air. :-)
28 septembre 2009
Mais comment fait-elle ?
Beaucoup se demandent comment on arrive à tenir quand on travaille alors qu'on a un bébé qui se réveille 3 à 8 fois pas nuit pour téter - notez que moi même je me posais la question il y a encore un mois. Voici donc ce qui me sauve :
- le cododo : plus bébé est proche, plus les réveils sont brefs, moins c'est pénible et fatiguant. Chez nous, Margaux dort dans son lit à barreaux dont une des parois à été enlevée, se dernier étant collé au nôtre au même niveau.
- l'allaitement : of course, qui non-seulement permet de rendormir bébé au moindre effort, mais génère aussi un cocktail d'hormones qui aide à se rendormir rapidement et surtout à récupérer plus facilement.
- allaiter couchée : pour ne pas se réveiller vraiment comme on le ferait en se relevant dans le lit (ce que j'ai fait pendant plus de 6 ou 8 mois...), voire même se rendormir en cours de route.
- se coucher tôt : pour moi c'est 22h dernier carat, et les premiers temps de la reprise je me couchais même à 21h, comme jusqu'au printemps dernier.
- bosser à 80% : clairement, lorsqu'arrive le jeudi, je suis sur les rotules. Ça aide vraiment de ne pas avoir à mettre de réveil pour 6h45 le vendredi (même si la miss s'est justement réveillée à 6h ces 3 derniers jours alors que je rêvais de grasse mat', VDM...), et 3 jours pour faire la sieste et récupérer des 4 précédents, il (me) faut tout ça.
Et l'un dans l'autre, je me sens moins épuisée que lorsque j'étais à la maison à 100% ; ou plutôt, disons que la fatigue n'est plus que physique, et la nerveuse, celle qui fait péter un câble pour un rien, a disparu. Même si certaines choses du quotidien m'agacent facilement, parce qu'on n'a pas encore bien trouvé notre vitesse de croisière, les rapports avec Margaux sont plus légers, et ça c'est chouette !
01 septembre 2009
Hier...
... je me suis levée aux aurores, pas question cette fois de laisser traîner la tétée pendant 1/2 heures. D'ailleurs Bousier et moi sommes sortis du lit en catimini pour ne pas réveiller la puce qui s'était rendormie quelques minutes auparavant. Dans les temps sur mon planning, je suis arrivée à 8h10 chez la nounou, et j'ai pu repartir à peine 5 mn plus tard. Une seule mini-protestationmini-protestation, j'avais bien expliqué à Margaux que lorsqu'on est chez Nounou, Maman ne peut pas rester. Et puis elle était super contente de retrouver ses 2 copines qui étaient déjà là.
Au boulot, j'ai commencé par avoir la tête comme une citrouille, le temps de redécouvrir les outils du quotidien. Et puis les réflexes sont revenus à une vitesse hallucinante. Le PC c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Même mes doigts se sont mis à faire les raccourcis clavier tous seuls ! La journée a filé à une vitesse incroyable, je suis même partie 10 mn en retard sur ce que j'avais prévu. Bizarre, cette sensation étrange d'être nouvelle, mais en fait pas vraiment. Je connais déjà presque tout, et pourtant j'ai cet enthousiasme et cette fraîcheur d'à mes débuts dans le poste il y a 4 ans. Espérons que ça dure ! Une chose est sûre, je ne suis plus la même qu'il y a 18 mois en arrière... Mais au fond de moi, pas de tristesse, pas de déchirement de savoir ma "fifille" loin de moi. Je sais qu'elle s'éclate de son côté, et moi j'apprécie le changement. Peut-être juste un peu de culpabilité par rapport au fait d'"imposer" ça à Margaux et au chamboulement émotionnel que ça provoque chez elle.
La journée chez Nounou s'est très bien passée. La soirée un peu moins, Margaux est toujours hypersensible et à fleur de peau, tout la fait démarrer au quart de tour et partir en larmes. Espérons que ça, ça ne dure pas. Tout comme les nuits d'ailleurs...
Ce matin, elle a dormi jusqu'à 7h45, oh petit miracle (mais je n'ai pas compté les multiples réveils...). Heureusement je n'ai pas eu à la réveiller, c'est Bousier qui "livrait le colis" aujourd'hui. On verra si ça va mieux ce soir.
Et côté "lait", j'ai décidé de tirer mon lait une fois entre midi et 2. J'ai la chance d'avoir accès à l'infirmerie pour y être tranquille, et à un frigo pour stocker le temps de l'après-midi. Je confie le lait tiré à la nounou, qui le donne à Margaux le lendemain au goûter. On aurait pu s'en passer, à 15 mois l'alimentation solide et les tétées du matin et du soir (et de la nuit...) sont largement suffisantes. Mais je le fais histoire de ne pas risquer de fuites, et surtout par plaisir, pour avoir un petit moment à moi pendant lequel je pense à autre chose. Comme une petite parenthèse qui me relie à mon bébé (argh, rien que d'écrire ces lignes et voilà que j'ai une montée de lait, la barbe !). Et puis ça m'évite de flipper inutilement pour ma lactation, et j'espère que ça retardera ainsi le retour de couches que j'espère voir débarquer... le plus tard possible !
Bref, pour l'instant ça ne va pas trop mal, suite au prochain numéro !
16 juillet 2009
L'allaitement c'est pas forcément "rentable"
Un des "arguments" qu'on peut servir pour faire pencher la balance du côté de l'allaitement plutôt que du lait en poudre, c'est de dire que ça ne coûte rien. Certes, on ne va pas au supermarché du coin pour acheter sa bouteille de lait. Mais quand même, ce lait ne sort pas de nulle part, et il faut bien de la matière pour le fabriquer !
Personnellement, je peux vous dire que je mange énooormément, encore plus que pendant la grossesse. Je râle souvent après Bousier lorsqu'il ne me rempli pas assez mon assiette, et il est hors de question pour moi de sauter le(s) goûter(s). Et tout ça sans prendre un gramme, la plupart de mes pantalons d'été sont trop grands (rhoo la pov' excuse pour coudre, hein ;-) ), et à la dernière pesée j'étais en dessous de mon poids d'avant-grossesse. J'ai pu faire un lien direct entre mon appétit et le nombre de tétées : ce matin, Margaux a profité qu'on reste à buller à la maison pour téter davantage, et bam ! méga coup d'hypoglycémie à 11h30.
Et vous, ça vous le fait aussi ?
Cela dit je ne m'en plains pas, moi qui suis plutôt gourmande, je peux me laisser aller à tous les vices gustatifs sans le moindre remord ;-) (tous ?? oui oui, TOUS, car Margaux n'est plus allergique aux PLV, mais ça sera le sujet d'un autre billet un peu plus... consistant !).
08 juillet 2009
Flop
Sevrage de nuit, suite de l'aventure : j'ai laissé tomber.
Au bout d'une semaine, non seulement il n'y avait aucune amélioration au niveau des réveils nocturnes, mais les journées se passaient de moins en moins bien. Et comme je passais d'avantage d'énergie à aider Margaux à se rendormir sans téter, j'avais de moins en moins de patience la journée, bref, personne n'y gagnait quoi que ce soit.
Bien sûr je m'attendais à ce que les tétées supprimées la nuit soient rattrapées le jour, c'était logique. Mais plus ça allait, plus elles étaient fréquentes, longues et signe d'un profond malaise de la part de ma petite puce. Elle me criait clairement qu'elle n'était pas prête.
Vendredi, j'ai donc décidé de ne pas persévérer dans cette voie, et petit à petit on a repris notre train-train nocturne, même s'il y a encore pas mal de réveils matinaux très grognons, signe que l'épisode n'est pas encore digéré. Et à ceux qui me demandent comment je vais faire quand je reprendrai le boulot, je réponds simplement qu'on verra bien à ce moment-là (de toute façon un bébé vit dans le moment présent, alors ça ne sert à rien de changer son quotidien "en prévision").
Le point positif dans tout ça, c'est qu'elle s'est mise à signer et à dire de façon très claire "téter", ce qui facilite parfois la communication ;-)
28 juin 2009
Sevrage nocturne
"Sevrage de nuit". Il y a quelques jours encore, l'expression me faisait bondir, tellement je considérais cette "pratique" comme une mesure ultime pour "dresser" son enfant à dormir la nuit et à ne plus réveiller sa mère pour répondre à son "besoin de téter". Surtout, je me mettais à la place de ce bébé à qui on imposait cette décision unilatérale, je m'imaginais emplie de détresse et de souffrance face à ce changement si brusque et catégorique. Enfin, le terme "sevrage" me faisait vraiment peur, puisque 90% des tétées au quotidien étaient liées au sommeil (celui de la nuit ou des siestes).
Et puis...
Il y a quelques semaines j'ai pris le taureau par les cornes, j'ai osé décrocher mon téléphone pour demander de l'aide, et depuis ce temps j'ai posé quelques "paquets", versé quelques pas mal de larmes ; j'ai surtout mis un peu d'ordre dans ma petite tête. J'ai réalisé à quel point j'étais encore en totale fusion avec ma fille, au point de me servir d'elle pour combler mon vide affectif, à quel point j'étais tombé dans l'illusion de la "toute puissance", incapable de la confier plus que quelques heures (et encore, pas à n'importe qui !), terrorisée à l'idée que je puisse faire quelque chose qui puisse lui "faire du mal", qui plus est consciemment.
J'imagine que certaines de mes lectrices sont en train de bouillir derrière leur écran, se disant "Quel mal y a-t-il à être fusionnelle avec son enfant ? C'est normal ! C'est ce qu'a prévu la nature pour nous !". Certes, et je partage encore cette vision des choses ; mais peut-être avec un peu plus de mesure aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a pas aucun mal à être proche de ses enfants, tant que cela n'entrave pas leur autonomie. Comme tout dans la vie, et peut-être même plus quand il s'agit de nos enfants, il faut être dans la juste mesure ; ce n'était pas mon cas.
Voilà ce qui m'a amenée à songer au sevrage de nuit. Ma fille, à qui je fais une confiance aveugle quand il s'agit d'alimentation ou de motricité (certains songeront même que je suis inconsciente en nous observant, ou en apprenant qu'à 13 mois elle sait monter et descendre seule un escalier), j'agissais avec elle comme avec un nouveau-né dés que la nuit était tombée. Répondre à chacun de ses réveils en la mettant au sein, c'était devenu un frein, une entrave à cette autonomie à laquelle elle était capable d'accéder.
Attention à ne pas prendre ces lignes pour une recommandation valable pour tous les bébés ! Je parle d'un bébé qui a longtemps été dérangée par une allergie aux produits laitiers, se réveillant alors toutes les heures. Et même après plusieurs mois d'éviction stricte des aliments incriminés, elle se réveillait toujours toutes les 2 heures. Lui offrir alors le sein, c'était pour moi une question de survie : hors de question de mettre un pied en dehors du lit pour la bercer, c'était beaucoup trop épuisant. Et voilà comment j'ai contribué à installer cette habitude (le terme n'a rien de péjoratif : quand on prend le pli de se réveiller tous les jours à une heure dite, ne pas enclencher le réveil le premier jour des vacances ne nous empêche pas de nous réveiller à la même heure).
Ces derniers temps, je la faisais rouler contre moi, et une fois qu'elle avait terminé elle roulait d'elle-même dans son lit pour se réinstaller et se rendormir sur sa peau d'agneau. Souvent je me rendormais avant elle d'ailleurs.
Si elle s'était contentée de se réveiller 2 voire 3 fois dans la nuit, si je ne m'apprêtais pas à reprendre le chemin du boulot (et donc à lui faire vivre une séparation autrement plus importante que celle de la nuit), peut-être aurais-je accepté la situation encore plus longtemps, peut-être même jusqu'à ce qu'elle se mette d'elle-même à ne plus se/me réveiller (car je ne doute pas que cela ai pu arriver un jour sans que je ne tente d'agir dessus). Mais voilà, notre réalité est celle-là, et je ressens au plus profond de moi qu'il est temps de passer à autre chose (sans compter que Bousier se sent bien seul dans notre grand lit lorsque je déménage avec mon oreiller).
En début de semaine, j'ai ainsi prévenu Margaux que si le nombre de ses réveils nocturnes ne se réduisait pas, je ne lui proposerai plus de téter la nuit. J'ai bien regardé la situation avec recul, lu et relu des choses sur le sommeil des bébés, et je lui ai donc annoncé jeudi que je n'étais plus d'accord pour qu'elle tète tant qu'il faisait nuit (le jour se pointant vers 6h en ce moment, c'est quand même plus cool que si on était en plein mois de décembre, hein !). Je lui ai surtout dit que j'avais confiance, qu'elle avait en elle les ressources pour se rendormir sans téter. A ma grande surprise, la nuit ne s'est pas trop mal passée : tout autant de réveils que d'habitude, quelques protestations pour se rendormir mais finalement pas plus que ça. J'ai opté pour une transition en douceur : plus de tétées, mais quand même la présence de maman, une main sur le dos et une petite chanson fredonnée pour l'aider à se rendormir, et de l'eau si besoin. Bousier était prêt à se lever, mais je trouvais ça un peu trop brusque de lui supprimer d'un seul coup et le sein, et ma présence à ses côtés. Chaque chose en son temps... !
Il paraît que quand on "prend les choses en main", ça se règle en quelques nuits. Je ne peux malheureusement pas confirmer la règle, car vendredi après-midi la puce a commencé à avoir de la fièvre. Et lorsqu'elle s'est réveillée brûlante à 2h du matin, ne se satisfaisant pas de l'eau que je lui proposais, je n'ai pas eu le courage d'insister : j'ai préféré tout de suite la faire téter plutôt que d'essayer de la rendormir pour finalement craquer au bout de 10mn. Je ne souhaite pas prendre le risque de lui apprendre qu'en pleurant assez longtemps je finirais par changer d'avis, et puis il faut savoir s'adapter aux circonstances exceptionnelles.
Les 2 dernières nuits ont donc été un peu mouvementées, moins que la moyenne, mais je ne saurais dire si c'est suite à cette première nuit de sevrage ou à cause de la maladie.
La fièvre est toujours présente ce soir, on a RDV chez le doc demain pour comprendre ce qui peut bien se passer (dents ? piqûre de moustiques à répétition ? présence d'une tique sur sa tête mercredi ???).
Suite au prochain épisode, donc !
08 mai 2009
APLV
Lundi dernier, nous nous sommes rendues Margaux et moi chez l'allergologue, pour confirmer le diagnostic d'allergie aux produits laitiers. Après avoir écouté ma description des symptômes, le médecin a examiné Margaux (taille, poids, "bon développement" qu'il a dit - tu m'étonnes, elle a pris 4cm en 2 mois !), puis a pratiqué 2 tests cutanés. Le premier sur le bras : en posant une goutte sur la peau et en piquant au travers, juste sur l'épaisseur du derme pour entrer en contact avec les premières barrières de défenses de l'organisme. Une piqûre de rien du tout qui n'a pas eu l'air de déranger la miss, trop intriguée par ce grand bonhomme (mais selon lui elle a été "très courageuse"). Résultat immédiat au bout de quelques minutes = négatif. Le deuxième sur le dos, en posant toujours une goutte sur la peau, et en la recouvrant d'un petit patch. La consigne était de ne l'enlever que 48h plus tard et de venir montrer le résultat le jour suivant. Résultat = négatif.
Conclusion : c'est une allergie peu sévère, qui a des chances de passer au bout de la première année, donc bientôt. J'ai la consigne de tenter une réintroduction en douceur cet été, dans un premier temps dans mon alimentation, pour voir les effets. Si le rhume revient, alors ça confirmera l'allergie (parce que le rhume en ce moment, on n'a pas besoin de manger du fromage pour l'avoir toutes les deux !). L'allergie étant peu sévère, si Margaux ingère des produits laitiers par accident, il y a peu de risque qu'elle fasse une réaction grave, au pire une diarrhée ou des vomissements peuvent subvenir. Et dans cette éventualité, j'ai une ordonnance pour un médicament à lui donner. Ça c'était la raison pour laquelle je voulais aller à ce RDV : savoir s'il y avait un risque pour elle si elle prenait directement du lait, et pouvoir ainsi donner une information fiable et rassurante à notre future nounou (oui... "future"... car celle qui me plaisait m'a "plantée" à cause de l'APLV, ça lui a foutu la trouille).
Mais je suis repartie avec "un truc en plus" : un échantillon de lait en poudre... :-/
Lors du RDV, il me dit :
- et pour le sevrage...
là moi j'ai répondu - "heu.. quel sevrage ?"
- et bien vous allez bien devoir la sevrer, de toute façon il y aura un jour où elle ne voudra plus téter
- ben oui, c'est plutôt comme ça que j'imaginais que ça allait se passer ;-)
- bon, donc pour le sevrage,..
- oui, des fois qu'il m'arrive quelque chose ;-)
- ... il ne faut pas lui donner de ces laits végétaux qu'on trouve en magasin. Il existe un lait spécial pour les bébés allergiques
- ah oui, les hydrôlysats, c'est ça ?
- non, elle est trop grande pour ça, elle n'en voudrait pas à cause du goût. Maintenant il y a un lait 2e âge à base de protéines de riz, qui contient tout ce qui est nécessaire aux bébés, on le trouve en pharmacie.
Je vous passe la suite de la discussion, mais en gros le message c'est : surtout pas de lait végétal qu'on pourrait trouver en magasin bio, mieux vaut acheter le truc poussé bien bien fort par les visiteurs médicaux... Je l'ai pris comme ça, parce que lorsque je suis revenue pour vérifier le résultat du patch test, il m'a refait l'article, et m'a donné l'échantillon genre "faisons entrer le loup dans la bergerie". A mon avis il a bien compris que je n'avais aucunement l'intention d'acheter son truc, et que peut-être en ayant un exemplaire sous la main je serais tentée de l'essayer (tu parles, je ne sais même pas ce que j'en ai fait). Mais surtout, je crois qu'il a été très pris au dépourvu de voir un bébé de 11 mois encore allaité, et sans intention d'arrêter prochainement... Dans son esprit, un bébé allergique devait prendre un lait spécial et adapté. Ce à quoi j'ai répondu qu'avec l'allaitement, au moins j'étais sûre qu'elle avait exactement ce dont elle avait besoin !
Enfin bref, cela dit son discours est cohérent avec les recommandations officielles, de donner un lait "spécial" jusqu'à 2 ans (il y a une campagne de pub en ce moment, où on voit un bib' rempli avec des frites, et qui dit que de donner du lait "normal" avant cet âge c'est vraiment n'importe quoi). Et comme l'info peut intéresser des mamans qui devraient être amenées à sevrer (ou simplement à rassurer leur nounou sur le stock mis à disposition), ce fameux lait s'appelle "Modilac Riz". Il est donc fait à partir de protéines de riz, auxquelles on rajoute de la poudre de perlimpinpin pour en faire un aliment pile poil avec ce qu'il faut de vitamines et tutti quanti. Le produit est assez nouveau (d'après ce que je trouve, avant les subsituts étaient à base de soja, qui est un peu controversé), il est sorti en avril (d'où l'insistance du doc', je suppose qu'il avait dû être fraîchement "formé").
26 avril 2009
Mais QUI parle de sevrer ?
Plusieurs fois, lorsque j'évoquais les contraintes que je vis au quotidien à cause de l'allergie de Margaux aux PLV, j'ai entendu comme réponse une allusion au sevrage. Comme si l'allaitement ne m'apportait que des contraintes. C'est bien mal connaître les bénéfices de l'allaitement, et les solutions de substitution disponibles pour les bébés allergiques...
Car il est largement plus simple pour une maman de modifier ses habitudes alimentaires, plutôt que de nourrir son enfant avec des hydrolysât de protéines, qui ont un goût tellement ignoble que certains bébés préfèrent ne pas se nourrir plutôt que d'avaler ce truc.
Et puis l'allaitement, c'est aussi :
- le cocktail d'hormones produit à chaque tétée qui me permet de tenir encore le coup physiquement
- des moments de pure tendresse avec ma pipounette, qui n'est pas très portée sur les câlins le reste du temps
- le meilleur moyen de la rendormir la nuit à moindre effort
- l'assurance que tant qu'elle tête, elle reçoit les nutriments essentiels et adaptés à sa croissance ; même quand elle saute le repas parce qu'elle s'est écroulée de fatigue, même quand elle boude les légumes pendant 3 jours et ne veut que du pain et de la compote, et surtout même quand elle tombe malade et refuse quasiment tout autre aliment (on a testé cette nuit les changements de draps et de pyj à 3h du mat', c'était sympatoche...).
Alors, tant que ma fille sera allergique et à un âge qui correspond aux recommandations officielles, elle recevra le meilleur des laits infantiles : celui de sa maman. Et pis c'est tout.


