07 octobre 2009
Jamais sans ma fille (ou presque)
Il a fallu choisir, entre les diverses solutions absolument pas idéales ni les unes ni les autres, celle qui semblait être la plus confortable pour tout le monde. Et voilà comment je suis partie pendant près de 31h (donc si vous comptez bien ça inclut une nuit...), sans mon mari, sans le chat, et (surtout) sans ma fille. Avec le doute jusqu'au bout, prête à changer d'avis lorsqu'elle s'est mise à pleurer en s'agrippant à moi au moment de partir. Mais comme Bousier ne voulait pas qu'on change les plans, on a pris le temps de se dire au revoir : encore une tétée, un câlin, un bisous. J'ai bien fait, plutôt que de m'enfuir en courant le ventre serré, je suis partie avec la vision de ma bichette dans les bras de son papa et me disant au revoir de la main avec un grand sourire.
Après une heure de route, j'arrive "au château", où je vais passer cette journée 1/2 à apprendre des tas de trucs intéressants sur l'allaitement. Tout le monde arrive petit à petit, on se dépêche de manger pour démarrer dans les temps (ouf, les organisatrices ont prévu large, on démarre avec 1h de retard sur le planning mais en fait s'pas grave). On enchaîne les ateliers, les pauses, le dîner, et je me retrouve entourée de pleins de bébés. Certains sont seuls avec leur maman et je me demande si j'ai fait le bon choix, ma pépète me manque un peu quand même. J'appréhende de savoir comment va se passer leur nuit là-bas, et en même temps de me réjouis de pouvoir dormir en pensant rien-qu'à-moi. J'ai accumulé de la fatigue mais je traîne à papoter, je n'aurais pas dû, je vais mettre plus d'une heure avant de m'endormir. Mais avant ça il faut faire une "vidange", histoire de s'assurer une nuit confortable : le bib' du tire-lait et trop petit, je récupère 150ml sans forcer ! (mais que vais-je faire de tout ça alors qu'elle ne veut plus en boire chez la nounou ?).
La nuit se passe... pas trop mal. J'ai le sommeil tout détraqué et le moindre bruit me réveille. Heureusement le bébé qui dort avec sa maman dans notre chambre est des plus discrets (la veinarde me dis-je). D'autres n'ont pas cette chance à l'autre bout du couloir. J'attends l'heure du petit-dèj' pour me lever (trop habituée aux réveils matinaux, scrogneugneu), et re-séance de tire-lait avant le redémarrage des festivités. De nouveaux 150ml (!), cette fois c'est sûr, on va avoir droit à une soirée crêpes dans la semaine. La journée passe vite, mais je sens la fatigue me tomber dessus. Le dernier atelier demande de la concentration et fini en retard, alors que j'ai hâte de retrouver les miens.
Quand j'arrive à la maison, c'est la fête, et les spaghettis entamés attendront après la tétée (pas à ma demande, mais ça m'arrange bien quand même).
Et la question que tout le monde se pose : comment Margaux a-t-elle dormi ?
Réponse : comme d'habitude. Elle s'est autant réveillée qu'avec moi. Bousier a assuré et a su la rendormir avec facilité (elle n'a même pas voulu mon lait de tout le WE). Donc RAS.
Je suis rassurée. Et donc doublement contente de mon WE, où j'ai pu discuter avec des allaitantes au long cours, apprendre des trucs passionnants, et bien profiter de ce changement d'air. :-)
28 septembre 2009
Mais comment fait-elle ?
Beaucoup se demandent comment on arrive à tenir quand on travaille alors qu'on a un bébé qui se réveille 3 à 8 fois pas nuit pour téter - notez que moi même je me posais la question il y a encore un mois. Voici donc ce qui me sauve :
- le cododo : plus bébé est proche, plus les réveils sont brefs, moins c'est pénible et fatiguant. Chez nous, Margaux dort dans son lit à barreaux dont une des parois à été enlevée, se dernier étant collé au nôtre au même niveau.
- l'allaitement : of course, qui non-seulement permet de rendormir bébé au moindre effort, mais génère aussi un cocktail d'hormones qui aide à se rendormir rapidement et surtout à récupérer plus facilement.
- allaiter couchée : pour ne pas se réveiller vraiment comme on le ferait en se relevant dans le lit (ce que j'ai fait pendant plus de 6 ou 8 mois...), voire même se rendormir en cours de route.
- se coucher tôt : pour moi c'est 22h dernier carat, et les premiers temps de la reprise je me couchais même à 21h, comme jusqu'au printemps dernier.
- bosser à 80% : clairement, lorsqu'arrive le jeudi, je suis sur les rotules. Ça aide vraiment de ne pas avoir à mettre de réveil pour 6h45 le vendredi (même si la miss s'est justement réveillée à 6h ces 3 derniers jours alors que je rêvais de grasse mat', VDM...), et 3 jours pour faire la sieste et récupérer des 4 précédents, il (me) faut tout ça.
Et l'un dans l'autre, je me sens moins épuisée que lorsque j'étais à la maison à 100% ; ou plutôt, disons que la fatigue n'est plus que physique, et la nerveuse, celle qui fait péter un câble pour un rien, a disparu. Même si certaines choses du quotidien m'agacent facilement, parce qu'on n'a pas encore bien trouvé notre vitesse de croisière, les rapports avec Margaux sont plus légers, et ça c'est chouette !
17 septembre 2009
Mode survie "on"
Prise de conscience ce matin : je ne peux pas continuer comme ça, ou ça va péter dans pas longtemps... Je me laisse submerger par tout, je reste convaincue que je peux encore tout faire, et je n'arrive pas à installer une organisation confortable et compatible avec notre changement de rythme. Résultat, c'est Margaux qui "trinque" parce que je n'arrive plus à me mettre à son écoute et que je la trimballe plus que je ne l'accompagne.
En écrivant ça, je me dis que c'est peut-être bien là la raison de ses nuits archi-pourries. Autant les premiers jours chez Nounou je ne m'attendais pas à autre chose, mais là, je commence (-çais) à avoir du mal à comprendre. Les journées chez Nounou se passent super-nickel-chrome (même les siestes !), et le soir à la maison ça va de mieux en mieux (en grande partie grâce à une amie qui nous a conseillées en fleurs de Bach), hormis les fins de repas qui sont souvent conjointes avec une grosse envie d'aller faire dodo. Depuis quelques jours, Margaux est en effet vraiment fatiguée, et se couche bien 30mn voire 1h plus tôt qu'avant. Et pourtant, elle a beau être crevée, elle dort super mal (quand elle dort 2h d'affilées je suis contente), et se réveille super tôt quand même (6h ce matin... alors que le réveil sonne à 6h45...).
Je me rends compte que je ne suis pas venue parler ici de ces dernières semaines. La première semaine de boulot, c'est moi qui amenais Margaux chez la nounou, et la séparation était quelque peu difficile pour elle. Le retour à la maison était catastrophique, complètement à fleur de peau elle éclatait en larmes pour un rien, tout tournait au drame. Grâce aux fleurs de Bach, ça s'est amélioré en quelques jours, elle partait moins en vrille pour tout, même si elle restait super scotch avec moi (genre je devais la poser sur le plan de travail pour préparer le dîner, par terre c'était déjà trop loin... pratique, hein ?).
La deuxième semaine, c'est Bousier qui s'est collé au trajet du matin du lundi au jeudi. Le soir, c'était le débordement d'émotions lorsqu'elle me voyait arriver le soir, parfois même dès qu'elle entendait la sonnette. Dès qu'elle me voyait, c'était... téteeer !!!! Et il lui fallait encore une grooosse tétée à la maison (et c'est toujours d'actualité d'ailleurs). Lorsque c'est moi qui l'ai emmenée le vendredi, j'appréhendais un peu le départ, et à ma grande surprise, quand je lui ai dit que j'allais y aller, elle m'a fait au revoir de la main, genre "ouais ouais, allez laisse moi aller jouer"... Wouahou !
Et cette semaine, départ le matin en 5mn, à peine le temps d'enlever la veste et de récupérer le doudou dans le sac à langer (ah ça, elle le dit super bien, "doudou" !). Et le soir, elle est très excitée quand elle me voit arriver, et se précipite vers le petit placard de l'entrée pour récupérer son doudou, histoire d'être sûre de ne pas l'oublier et de signifier que ça y est, la journée est finie et qu'on y va (d'ailleurs elle n'aime pas trop quand je traîne à discuter avec la nounou).
Bref, les journées chez Nounou se passent à merveille, lundi il y avait matinée au relais, mardi contes à la bibliothèque, mercredi marché, ça ne chôme pas pendant que maman est au boulot ! Je suis toujours aussi confiante, et très contente de cette nounou qui est une vraie perle.
Mais... j'ai de mon côté aussi du mal à m'adapter à ce nouveau rythme, j'ai l'impression d'être revenue "comme avant". J'ai en fait tellement confiance en la nounou que j'en suis presque à penser que ma fille est mieux avec elle qu'avec moi... Surtout que nos moments ensemble sont souvent imprégnés d'une certaine tension, à cause du temps qui passe trop vite. C'est la course le matin pour nous préparer toutes les 2, la course le soir pour ranger les affaires et préparer le repas quand Bousier n'est pas là, et la puce qui demande en même temps (à raison !) de l'attention de qualité, pas facile facile d'y arriver tout en restant zen (surtout quand j'essaie de caser au milieu de tout ça un peu de couture sans pour autant me coucher à point d'heure, hum hum).
Bref, il faut que moi aussi je trouve mes marques, en fait ! Je pensais qu'en ayant mon vendredi de libre, j'aurais tout plein de temps pour tout faire pendant les 7h où Margaux allait chez sa nounou, mais en fait non, 7h ça passe super trop vite... Sans doute que lorsque j'aurais réussi à tout concilier, tout ça se déroulera avec plus de fluidité. En attendant, je suis preneuse de conseils avisés ;-)
09 septembre 2009
09-09-09 09:09
Un petit message pour rien, juste pour souligner la petite particularité de cette minute unique...
A cette heure Margaux doit être chez la nounou (je suppose parce que c'est Bousier qui s'y colle ce matin, compatibilité d'horaires me permettant ainsi parfois d'aller au boulot sans faire un méga détour). Et moi je ferais mieux de retourner à mes dossiers ;-)
Sinon, tout va bien, Margaux s'habitue petit à petit à ce nouveau rythme. Et après 2 semaines de nuits plutôt pénibles, je tente de négocier avec elle pour qu'elle ne me réveille "que" toutes les 3 ou 4h - ça a presque marché cette nuit, elle a fait 20h-23h-3h30-4h30 (là je lui ai demandé de se rendormir sans téter)-5h30-7h et quelques.
30 août 2009
THE période d'adaptation
Semaine 1.
Première semaine d'adaptation chez la nounou, en rentrant de vacances. Alors que jusque là j'étais confiante, le dimanche soir, je m'effondre dans les bras de Bousier : "j'veux pas aller chez la nounououououou...!" Définitivement, je n'avais pas envie de laisser mon bébé.
Mais bon, il fallait bien y aller, alors lundi matin on y est allées. Accueil chaleureux et tranquille. Alors qu'avant les vacances on avait passé plusieurs moment au parc avec la nounou (ça c'est une super façon de faire connaissance et de voir comment la personne travaille, ça met vraiment en confiance !), Margaux ne se souvenait plus d'elle, et n'osait pas rentrer dans le salon. Alors la nounou a fait parler son index pour inviter Margaux à jouer avec elle et les 2 autres petites filles. J'ai trouvé ça super, qu'elle attende que la puce vienne d'elle-même, d'autres l'auraient sans doute plus ou moins forcée en voyant qu'elle se contentait de faire un simple "non non" tout doux. Au bout d'un moment, j'ai demandé si je devais m'éclipser, et là, la nounou m'a dit que le premier jour je n'étais pas obligée. Alors je suis restée la matinée, en retrait, on est allées au parc toutes ensemble, Margaux dans la poussette de la nounou, et c'était génial. Un passage de relais tout en douceur comme je n'aurais jamais pu en rêver.
Et c'est comme ça que le deuxième jour, après être restée 30mn pour que Margaux prenne ses marques, la miss m'a fait un joli au revoir de la main quand je suis partie pour faire une course (je suis allée me changer les idées dans un magasin de tissu, 'fallait bien ça pour ne pas me changer les idées !). C'est ainsi que je l'ai laissée 1h30, puis 2, puis 3. Le vendredi, comme Bousier ne travaillait pas, on s'est dit qu'on allait en profiter un peu et Margaux est allée chez la nounou pour le duo déjeuner-sieste (et nous on s'est fait un super resto en amoureux). A 15h je reçois un SMS "Margaux est réveillée", 15mn plus tard j'étais sur place (j'ai pédalé vite !). Et là j'apprends que la nounou n'a même pas essayé de la mettre dans son lit, elle l'a endormie dans les bras et la laissée dormir sur le canapé à côté d'elle !! Jamais je ne lui en aurais demandé autant ! Quand je vous disais que j'avais trouvé une nounou en or... nan, en fait elle est en platine !
Bref, tout se déroule pour le mieux, les retrouvailles se passent dans la joie, et je profite de ces petits espaces de liberté sans culpabilité (ou plutôt je culpabilise de la laisser sans culpabiliser... je sais, c'est débile), et je me dis que si j'avais su, peut-être que j'aurais cherché plus tôt une solution de garde. Oui, enfin non en fait, avant je n'étais pas prête, et Margaux non plus je pense. Et le fait que la séparation coïncide avec l'acquisition de la marche est très symbolique, comme si de toute façon elle allait m'échapper en quelque sorte.
Semaine 2.
Passe le week-end où le sommeil de Margaux se dégrade, elle se réveille davantage et en pleurant, a du mal à se rendormir après la tétée, et devient super scotch la journée.
Lundi je l'amène pour la matinée (à peine 3h, juste le temps de faire du ménage tranquille), et la séparation est déchirante. Elle s'agrippe à moi, je veux pas rester dans les bras de la nounou, c'est dur. Mais une fois la porte fermée elle se sera calmée rapidement. Le lendemain, même scénario, pire même. Je ne sais pas si je dois rester plus longtemps pour qu'elle prenne ses marques, peut-être que je pars un peu trop vite (au début je restais 30mn, là une dizaine). D'après la nounou c'est normal qu'elle proteste. Mais ça me déchire de voir son regard à ce moment là, j'aimerais rester plus longtemps, qu'elle prenne le temps de prendre confiance ; et en même temps je sens bien que ce n'est que reculer pour mieux sauter, que ça ne l'aide peut-être pas, si ça se trouve. Le vendredi, après avoir joué 2mn avec elle, je lui dis que je vais partir, et elle m'ignore en tournant la tête, comme si le fait de faire semblant de ne pas m'écouter pouvait annuler la parole dite. Au moment où la nounou la prend dans ses bras pour me raccompagner, elle se met à pleurer, se débattre, me tendre les bras... Je résiste à l'envie de la récupérer, je lui fais un gros bisous en lui disant que je sais que c'est difficile pour elle, et que je sais aussi que ça va aller mieux très vite.
Car effectivement, une fois la porte fermée, elle se console très vite avec une petite chanson, et le reste de la journée se passe comme sur des roulettes. Pour la 2e sieste elle s'endormira même dans son lit avec juste une berceuse, et dormira 2h d'affilée (ce qu'elle a beaucoup de mal à faire à la maison). Et quand je viens la récupérer, c'est limite si parfois je ne la dérange pas, je vois qu'elle se trouve vraiment bien là-bas (bon, au bout de 2mn, c'est quand même un grand "têteeeeer !!" qu'on entend, hein, quand même !).
Arf, c'est dur pour moi de voir que c'est si dur pour elle. Depuis, le sommeil est super pourri, et je puise en moi toutes mes ressources de patience pour répondre à ses demandes. Je sais qu'elle a besoin d'être rassurée ++++, que c'est un cap très difficile à passer pour elle, et que surtout je ne peux pas le vivre à sa place pour soulager sa peine. Je ne peux que l'accompagner, la rassurer comme je peux quand on est ensemble, mais c'est parfois un vrai casse-tête quand elle refuse que je la pose par terre même un instant (genre pour mettre mes chaussures avant d'aller se promener, je n'ai que 2 bras !).
J'espère que tout ça ne va pas durer, même si c'est un passage obligé, que tout ça est très normal. La première semaine m'avait fait espérer une séparation sans souffrance... Cela aurait été trop facile... Si vous êtes passé(e) par là, je suis preneuse de conseils pour nous aider à traverser ça, merci !
Voilà pour l'adaptation chez la nounou. 2 semaines, quand on a le temps, c'est bien : on ne se retrouve pas avec la pression de laisser son enfant trop vite trop longtemps. Et puis ça permet à la maman de faire un peu des trucs pour elle avant de se retrouver définitivement happée par le boulot ;-).
08 juillet 2009
Flop
Sevrage de nuit, suite de l'aventure : j'ai laissé tomber.
Au bout d'une semaine, non seulement il n'y avait aucune amélioration au niveau des réveils nocturnes, mais les journées se passaient de moins en moins bien. Et comme je passais d'avantage d'énergie à aider Margaux à se rendormir sans téter, j'avais de moins en moins de patience la journée, bref, personne n'y gagnait quoi que ce soit.
Bien sûr je m'attendais à ce que les tétées supprimées la nuit soient rattrapées le jour, c'était logique. Mais plus ça allait, plus elles étaient fréquentes, longues et signe d'un profond malaise de la part de ma petite puce. Elle me criait clairement qu'elle n'était pas prête.
Vendredi, j'ai donc décidé de ne pas persévérer dans cette voie, et petit à petit on a repris notre train-train nocturne, même s'il y a encore pas mal de réveils matinaux très grognons, signe que l'épisode n'est pas encore digéré. Et à ceux qui me demandent comment je vais faire quand je reprendrai le boulot, je réponds simplement qu'on verra bien à ce moment-là (de toute façon un bébé vit dans le moment présent, alors ça ne sert à rien de changer son quotidien "en prévision").
Le point positif dans tout ça, c'est qu'elle s'est mise à signer et à dire de façon très claire "téter", ce qui facilite parfois la communication ;-)
28 juin 2009
Sevrage nocturne
"Sevrage de nuit". Il y a quelques jours encore, l'expression me faisait bondir, tellement je considérais cette "pratique" comme une mesure ultime pour "dresser" son enfant à dormir la nuit et à ne plus réveiller sa mère pour répondre à son "besoin de téter". Surtout, je me mettais à la place de ce bébé à qui on imposait cette décision unilatérale, je m'imaginais emplie de détresse et de souffrance face à ce changement si brusque et catégorique. Enfin, le terme "sevrage" me faisait vraiment peur, puisque 90% des tétées au quotidien étaient liées au sommeil (celui de la nuit ou des siestes).
Et puis...
Il y a quelques semaines j'ai pris le taureau par les cornes, j'ai osé décrocher mon téléphone pour demander de l'aide, et depuis ce temps j'ai posé quelques "paquets", versé quelques pas mal de larmes ; j'ai surtout mis un peu d'ordre dans ma petite tête. J'ai réalisé à quel point j'étais encore en totale fusion avec ma fille, au point de me servir d'elle pour combler mon vide affectif, à quel point j'étais tombé dans l'illusion de la "toute puissance", incapable de la confier plus que quelques heures (et encore, pas à n'importe qui !), terrorisée à l'idée que je puisse faire quelque chose qui puisse lui "faire du mal", qui plus est consciemment.
J'imagine que certaines de mes lectrices sont en train de bouillir derrière leur écran, se disant "Quel mal y a-t-il à être fusionnelle avec son enfant ? C'est normal ! C'est ce qu'a prévu la nature pour nous !". Certes, et je partage encore cette vision des choses ; mais peut-être avec un peu plus de mesure aujourd'hui. Je crois qu'il n'y a pas aucun mal à être proche de ses enfants, tant que cela n'entrave pas leur autonomie. Comme tout dans la vie, et peut-être même plus quand il s'agit de nos enfants, il faut être dans la juste mesure ; ce n'était pas mon cas.
Voilà ce qui m'a amenée à songer au sevrage de nuit. Ma fille, à qui je fais une confiance aveugle quand il s'agit d'alimentation ou de motricité (certains songeront même que je suis inconsciente en nous observant, ou en apprenant qu'à 13 mois elle sait monter et descendre seule un escalier), j'agissais avec elle comme avec un nouveau-né dés que la nuit était tombée. Répondre à chacun de ses réveils en la mettant au sein, c'était devenu un frein, une entrave à cette autonomie à laquelle elle était capable d'accéder.
Attention à ne pas prendre ces lignes pour une recommandation valable pour tous les bébés ! Je parle d'un bébé qui a longtemps été dérangée par une allergie aux produits laitiers, se réveillant alors toutes les heures. Et même après plusieurs mois d'éviction stricte des aliments incriminés, elle se réveillait toujours toutes les 2 heures. Lui offrir alors le sein, c'était pour moi une question de survie : hors de question de mettre un pied en dehors du lit pour la bercer, c'était beaucoup trop épuisant. Et voilà comment j'ai contribué à installer cette habitude (le terme n'a rien de péjoratif : quand on prend le pli de se réveiller tous les jours à une heure dite, ne pas enclencher le réveil le premier jour des vacances ne nous empêche pas de nous réveiller à la même heure).
Ces derniers temps, je la faisais rouler contre moi, et une fois qu'elle avait terminé elle roulait d'elle-même dans son lit pour se réinstaller et se rendormir sur sa peau d'agneau. Souvent je me rendormais avant elle d'ailleurs.
Si elle s'était contentée de se réveiller 2 voire 3 fois dans la nuit, si je ne m'apprêtais pas à reprendre le chemin du boulot (et donc à lui faire vivre une séparation autrement plus importante que celle de la nuit), peut-être aurais-je accepté la situation encore plus longtemps, peut-être même jusqu'à ce qu'elle se mette d'elle-même à ne plus se/me réveiller (car je ne doute pas que cela ai pu arriver un jour sans que je ne tente d'agir dessus). Mais voilà, notre réalité est celle-là, et je ressens au plus profond de moi qu'il est temps de passer à autre chose (sans compter que Bousier se sent bien seul dans notre grand lit lorsque je déménage avec mon oreiller).
En début de semaine, j'ai ainsi prévenu Margaux que si le nombre de ses réveils nocturnes ne se réduisait pas, je ne lui proposerai plus de téter la nuit. J'ai bien regardé la situation avec recul, lu et relu des choses sur le sommeil des bébés, et je lui ai donc annoncé jeudi que je n'étais plus d'accord pour qu'elle tète tant qu'il faisait nuit (le jour se pointant vers 6h en ce moment, c'est quand même plus cool que si on était en plein mois de décembre, hein !). Je lui ai surtout dit que j'avais confiance, qu'elle avait en elle les ressources pour se rendormir sans téter. A ma grande surprise, la nuit ne s'est pas trop mal passée : tout autant de réveils que d'habitude, quelques protestations pour se rendormir mais finalement pas plus que ça. J'ai opté pour une transition en douceur : plus de tétées, mais quand même la présence de maman, une main sur le dos et une petite chanson fredonnée pour l'aider à se rendormir, et de l'eau si besoin. Bousier était prêt à se lever, mais je trouvais ça un peu trop brusque de lui supprimer d'un seul coup et le sein, et ma présence à ses côtés. Chaque chose en son temps... !
Il paraît que quand on "prend les choses en main", ça se règle en quelques nuits. Je ne peux malheureusement pas confirmer la règle, car vendredi après-midi la puce a commencé à avoir de la fièvre. Et lorsqu'elle s'est réveillée brûlante à 2h du matin, ne se satisfaisant pas de l'eau que je lui proposais, je n'ai pas eu le courage d'insister : j'ai préféré tout de suite la faire téter plutôt que d'essayer de la rendormir pour finalement craquer au bout de 10mn. Je ne souhaite pas prendre le risque de lui apprendre qu'en pleurant assez longtemps je finirais par changer d'avis, et puis il faut savoir s'adapter aux circonstances exceptionnelles.
Les 2 dernières nuits ont donc été un peu mouvementées, moins que la moyenne, mais je ne saurais dire si c'est suite à cette première nuit de sevrage ou à cause de la maladie.
La fièvre est toujours présente ce soir, on a RDV chez le doc demain pour comprendre ce qui peut bien se passer (dents ? piqûre de moustiques à répétition ? présence d'une tique sur sa tête mercredi ???).
Suite au prochain épisode, donc !
07 mai 2009
Sommeil paradoxal
Cette nuit, Margaux a dormi d'une traite de 22h (j'étais même pas encore couchée, youhou !) à 01h40. Ça m'a fait tout bizarre. Et pendant qu'elle tétait à moitié endormie, je me suis mise à penser que le jour où elle ferait une nuit complète sans que je n'ai besoin de la rejoindre, ça me manquerait de me réveiller sans elle...
oui, je sais, c'est du grand n'importe quoi dans ma tête...
04 mai 2009
Assis, debout, couché !
Avril a été riche en progrès moteurs, par chez nous !
Au début du mois, Margaux commençait à se mettre debout dès la moindre occasion, un véritable entraînement de sportif de haut niveau (qui nous a valu une semaine de nuits super pourries, jusqu'à ce qu'elle maîtrise un peu mieux son équilibre). Au début elle se hissait à la force des bras, puis a compris qu'en se mettant d'abord à genoux c'était plus facile. Reste à apprendre à mettre un pied en avant et à pousser dessus plutôt que de se retourner les doigts de pied en tirant sur les bras. Et à force de s'entraîner à monter, et de se retrouver coincée là-haut, elle a fini par apprendre à redescendre, avec maintes précautions au début. Maintenant elle maîtrise (et moi je respire de ne plus être appelée à la rescousse 36 000 fois pas jour - oui, au moins !)
En abordant la position à genoux, elle a aussi découvert... le 4 pattes ! Assez pratique quand on évolue sur un sol qui ne glisse pas. Je suppose que le fait que la découverte survienne avec l'arrivée du printemps et l'occasion d'évoluer sur l'herbe (qui ne glisse pas, donc) n'est pas dû au hasard. Mais sur le parquet, la reptation reste la méthode de loin la plus efficace (une petite vidéo pour bientôt, c'est promis).
Et depuis quelques jours, on arrive à la position assise. Au début c'était du pur hasard, genre "je suis tombée et je me suis rattrapée comme j'ai pu". D'ailleurs plusieurs fois elle se retrouvait assise et en pleurs de ne pas avoir maîtrisé le mouvement et de se retrouver les fesses au sol sans comprendre pourquoi. Mais aujourd'hui, elle m'a clairement montré qu'elle s'entraînait. Et vas-y que je m'assois, et que je me relève, et que je me rassois, etc. Elle a encore besoin de s'accrocher pour se dresser sur les genoux avant de redescendre sur les fesses, mais ça va viendre !
Du coup, maintenant qu'elle sait s'asseoir et garder cette position en confiance, j'ai mis au placard la Shantala, qui devenait un peu petite et surtout dangereuse (la miss s'était mise carrément debout la semaine dernière, en attrapant le bord devant elle et en tirant un bon coup...). Elle a beaucoup apprécié le changement ! (même si vous noterez quand même la petite main aggripée au bord pour se sécuriser... ;-p)
22 avril 2009
Sur les traces du marchand de sable
Ça fait un sacré moment que je n'ai pas fait le point sur le sommeil de Margaux. Malheureusement, ça ne va pas vraiment beaucoup mieux.
En février, nous avions tenté de la mettre à dormir dans sa chambre. Les réveils trop nombreux me faisaient finir ma nuit sur le canapé à côté de son lit. Terrassée par l'épuisement, j'ai réussi à convaincre Bousier de la réintégrer à nos côtés, malgré l'impression de "revenir en arrière". Sauf que si je n'avais plus à me lever pour rendormir ma fille, c'est moi qui ne me rendormais pas à cause de la respiration bruyante, voire des ronflements de mon voisin de couette. Retour donc, de la miss dans sa chambre, avec cette fois une véritable solution de cododo : un lit collé au sien pour que je n'ai pas à sortir un orteil dehors. Depuis quelques semaines, j'arrive même à l'allaiter en restant allongée, sans avoir à m'asseoir comme avant, ce qui est beaucoup plus reposant. Mais il reste un côté où elle n'arrive pas à s'installer correctement et a du mal à se rendormir. Et de temps en temps, Bousier assure les premiers rendormissements, pour me laisser dormir un peu plus. Surtout qu'une fois que j'ai déménagé, je ne peux plus compter que sur moi-même jusqu'au matin, et il m'est arrivé de me sentir parfois bien seule face aux périodes d'insomnie de ce bébé qui profite de chaque seconde d'éveil pour s'entraîner à la motricité (d'ailleurs les périodes où elle a commencé à beaucoup se déplacer, puis à se mettre debout à longueur de journée ont été accompagnées de nuits très difficiles).
Côté endormissement, elle ne s'endort quasiment plus au sein, sauf fatigue extrême. Et je ne l'endors plus dans les bras en me promenant depuis environ Mars, elle est trop lourde. Alors, une fois qu'elle a fini de téter, elle se cambre pour que je la fasse rouler dans son lit, et elle s'endort (plus ou moins paisiblement) pendant que je chante "au clair de la lune" et que je lui frotte le dos. Elle a manifestement besoin de mouvement pour s'endormir, d'être bercée d'une façon ou d'une autre. Et c'est parfois pesant pour moi, surtout quand ça me prend 30mn et mes dernières réserves d'énergie, et que je termine par faire moi aussi la sieste pour pouvoir tenir le coup jusqu'au soir. Résultat, je suis parfois extrêmement frustrée de ne pas avoir de temps pour moi (bien que depuis qu'elle se déplace comme superman, j'arrive à faire un peu de couture pendant qu'elle poursuit le chat).
Côté alimentation, j'ai tenu un carnet de bord pendant à peu près un mois, et il en est ressorti une éviction totale de tout produit laitier, et une consommation infinitésimale de chocolat sous peine de grosses difficultés d'endormissement et d'insomnies prolongées. Pffff... J'ai aussi supprimé le thé noir, j'en bois parfois du vert mais rarement.
Et avec tout ça, Margaux se réveille en moyenne... toutes les 2 heures. Je me tourne à présent vers les pistes "psychologiques", j'en dirai plus quand j'aurai un peu creusé le sujet (ce qui est sûr, c'est Margaux est une petite fille particulièrement sensible).


