Bilan de 3 mois d'école
Mon dernier message sur ce blog était très (trop) optimiste. Il est donc nécessaire de corriger un peu le tir, car j'ai horreur des gens qui cherchent à donner une image "tout va bien dans le meilleur des mondes" quand ça ne va pas si bien que ça. Je ne vais donc pas faire la même chose...
Le premier jour d'école s'est donc bien passé. Mais après, ça s'est vite gâté. Nous nous sommes rendus compte qu'accorder sa confiance à des étrangers n'était pas chose facile pour Margaux. Elle a mis donc énormément de temps pour apprivoiser ses maîtresses. Elle a mis aussi beaucoup de temps pour être en confiance et dormir à la sieste - résultat, elle était cuite et plutôt "tendue" le soir quand on la récupérait. Pendant de longues semaines, la séparation était un déchirement sans nom, elle pleurait, s'accrochait à mon cou, etc. Dur... Et pourtant, elle se calmait assez vite une fois qu'on était partis, et le reste de la journée se passait bien. Bref, elle prenait sur elle quoi. Bien entendu, les réveils nocturnes ont rappliqué, il a fallu rester avec elle pendant qu'elle s'endormait, revenir dormir avec elle dans sa chambre, laisser la porte ouverte sous peine de hurlement tonitruants au beau milieu de la nuit.
Heureusement, maintenant tout ça va mieux. Je dirais depuis les vacances de la Toussaint. Elle réclame toujours un câlin un peu long en arrivant à l'école, est toujours un peu scotch au moment d'aller se coucher, ne veut pas fermer la porte et nous appelle un peu trop tôt le matin. Mais globalement ça va beaucoup mieux, et elle aime beaucoup ses maîtresses.
Ce qui n'a pas aidé : je suis partie en déplacement pro pendant 3 jours, 3 semaines après la rentrée. C'était beaucoup trop tôt pour elle, et ça l'a beaucoup insécurisée (d'ailleurs pendant ces 2 jours à l'école, elle a mouillé 4 pantalons, comme par hasard...).
Ce qui a aidé: En premier lieu les fleurs de Bach. Je suis allée demander conseil à l'Herboristerie de la Croix Rousse (Lyon 2e sur les quais du Rhône) et j'en suis repartie avec un mélange de 3 fleurs. Comme le mélange pour les enfants est très sucré, c'est très facile de lui faire prendre, et elle les réclame même en arrivant à l'école.
En 2e lieu les copains. Margaux ne veut pas entrer dans la classe seule ou avec la maîtresse. Alors elle attend un copain qu'elle aime bien, et ils rentrent ensemble.
Et puis je dirais aussi rester à l'écoute, accepter de l'entendre quand elle dit "je veux pas aller à l'école" tout en lui faisant miroiter les choses intéressantes qu'elle y fera et expliquer aussi qu'on n'a pas bien le choix maintenant qu'on a fait... ce choix-là justement (je serais incapable de lui "mentir" en disant que l'école est obligatoire alors que je connais plusieurs familles non-sco, par contre sa place plein-temps chez la nounou est prise par un autre enfant, donc là on a effectivement plus d'autre option maintenant).
Je pense que c'est aussi pour ça que ça mieux : maintenant qu'elle a intégré les règles de fonctionnement de ce nouvel environnement, elle prend plaisir à grandir et à apprendre des choses qu'elle ne fait pas à la maison ou chez nounou. Elle est d'ailleurs très fière lorsqu'elle m'apprend quelque chose ! Car bien sûr elle rejoue avec nous ce qu'elle vit à l'école, et nous fait de grandes démonstrations de comment faire ceci ou cela, et m'a même appris ce qu'était une "rosette" (indice : c'est une partie de la pomme). Et je dois l'avouer, je suis super fière d'elle lorsqu'elle me récite une poésie ou me chante une chanson apprise à l'école (et je suis aussi morte de rire quand je me rends compte qu'elle n'a pas compris ce qu'elle récite et fait du "yaourt" ^^).
Voilà, l'entrée à l'école peut donc être une étape assez difficile à vivre, malgré tout ce qu'on aura pu préparer avant... Ça dépend de chaque enfant bien sûr, et comme toujours il n'y a pas de règle.
Alors, cette rentrée ?
Je me souviens, il y a 1 ou 2 ans, je lisais des réactions de mamans qui voyaient leur enfant aller à l'école pour la première fois, et je me demandais bien pourquoi elles étaient aussi bouleversées. Je ne voyais pas bien la différence que cela faisait pour tous ces mômes qui étaient déjà rompus à la collectivité puisqu'ils allaient en crèche depuis qu'ils avaient seulement quelques mois. Autant pour celles qui étaient restées 3 ans à la maison, je voyais bien en quoi cette séparation pouvait être difficile, mais quand la-dite séparation avait déjà été entérinée depuis belle-lurette, ben non, je ne voyais pas trop... A l'époque, j'en avais conclu que je verrai bien quand ce serait mon tour.
Et puis voilà, c'est aujourd'hui notre tour. Et j'avoue que je ne comprends toujours pas très bien. En tout cas la vague d'émotion n'est pas passée par moi. Bien sûr je suis émerveillée de voir combien Margaux a grandi, et qu'elle franchi une étape importante. Bien sûr je suis inquiète de savoir comment elle va vivre ce changement radical de rythme et d'environnement. Bien sûr je suis curieuse de savoir ce qu'elle peut bien faire de ses journées et j'aimerais vraiment être une petite souris ;-).
Mais je suis tout autant confiante. Confiante d'avoir donné à Margaux des bases solides, qui vont lui permettre de trouver en elle les ressources pour faire face à tout ça. Confiante d'avoir choisi la bonne école pour nous parmi les possibilités qui s'offraient à nous. Confiante d'être capable de me mettre à l'écoute de ma fille, car je sais que ça ne sera pas facile et qu'il nous faudra être 2 fois plus disponibles pour entendre tout ce qu'elle aura à nous confier à sa façon.
Je pensais que cette première journée d'école s'était très bien passée. Je suis partie hier matin le coeur léger, en laissant derrière moi un petite fille qui avait envie de rejoindre le groupe pour écouter une histoire, envie de laisser partir maman pour pouvoir découvrir les nouveautés que représentait l'école pour elle. Je l'ai retrouvée fatiguée mais tout sourire. En réalité, elle a beaucoup pris sur elle pendant la journée, le temps du repas a été vraiment difficile, et elle a sombré ensuite dans le sommeil pendant 3 heures (!). A la maison, elle a passé sa soirée agarde, pâlichonne, à vomir en 10 fois les 4 ridicules petits gâteaux de son goûter, et n'a rien voulu dîner. Pôv' bichette. Alors on l'a câlinée, on a laissé tomber le brossage des dents pour une fois (gros sujet de crispation en ce moment), et on a enviseagé des solutions viables pour l'aider à passer le cap en douceur.
Après une bonne grosse nuit de sommeil sans aucun réveil (et ça devient de plus en plus fréquent, youhou !), j'ai dû "l'aider" un peu à se réveiller ce matin, en ouvrant sa porte (alors que d'habitude c'est elle qui nous sort du lit, il va falloir que je pense à me remettre un réveil moi !). Elle s'est levée tout sourire, et très enthousiaste à l'idée d'aller encore à l'école aujourd'hui... et à la cantine ! Apparemment aujourd'hui elle s'est bien rattrapée au niveau alimentaire ;-). Demain, retour chez sa nounou chérie, une petite pause qui va sans doute lui faire du bien ; je me félicite d'avoir maintenu ce point de repère rassurant plutôt que d'avoir cherché une nounou qui soit proche de l'école (on a une nounou en or, mais qui n'est pas du tout dans notre quartier).
Et voilà pour la première rentrée de Margaux.
Et vous, c'était comment cette rentrée ?
En ce jour de rentrée...
... quelques pistes de réflexion sur le type d'enseignement que nous pourrions souhaiter pour nos enfants:
Si vous avez seulement une dizaine de minutes devant vous :
Si vous avez un peu plus de temps et l'occasion de faire un crochet par votre point presse :
QUI VEUT LA PEAU DE L'ÉCOLE ?
COMMENT ON FABRIQUE
Des profs paumés
Des élèves largués
Une école entreprise
Des programmes pervers
Tour d'horizon en 64 pages du massacre organisé de l'Éducation nationale par le gouvernement Sarkozy.
Prix: 6 euros, chez votre marchand de journaux dès le 1er septembre.
Hors-série numéro 31
Et pour nous dans tout ça, la rentrée s'est bien passée ! Margaux est crevée, n'a pas voulu manger lors du repas de midi, mais est très contente de sa journée :-).
Imitation
Pendant nos vacances en Ardèche, nous avons visité une chèvrerie. C'était très chouette, et au passage, j'en ai profité pour (tenter de) traire une chèvre.
De retour à la maison, voici qu'un soir Margaux veut reproduire l'expérience sur ce qu'elle a sous la main (ouf, elle n'a pas essayé avec le chat !)
Regarde maman, je "traite" la vache ! ^^
(moi je la trouve vachement conciliante, la vache, quand même...)
Une petite étape de plus
Aujourd'hui, Margaux a pasé la matinée... à l'école !
Petite demi-journée de découverte qui va lui permettre d'avoir en tête des images concrètes de ce qui va l'attendre à la rentrée de septembre, à plein temps cantine incluse.
Hier soir, elle était très enthousiaste à l'idée d'aller à l'école. Ce matin, ... beaucoup moins. J'ai même dû aller la réveiller à 7h30, chose qui n'arrive absolument ja-mais ! Au moment de partir, elle n'avait pas du tout envie. En arrivant, elle voulait rester dans mes bras. OK. On va dans la classe, à 8h15 il n'y a que quelques élèves de déjà arrivés, qui commencent à nous montrer avec beaucoup de plaisir où vont les manteaux, les chaussures, les chaussons. Margaux est très intéressée par la taille des WC ^^. Puis la maîtresse nous accueille, et Margaux commence à faire un peu le tour de la classe avec nous, à manipuler des objets ici et là en me demandant l'autorisation. Quand la maîtresse vient proposer à Margaux un puzzle, c'est le déclic, la miss y trouvant son intérêt nous oublie complètement. 15 mn après notre arrivée, on se fait gentiment mettre à la porte par l'instit', qui annonce "innocemment" à Margaux que ses parents vont partir, pour revenir la chercher à 11h30. Margaux a répondu de vive voix "comme chez nounou !" ; un signe de la main et on était partis. J'avoue que j'étais un peu frustrée de ne pas rester plus longtemps, principalement par curiosité, j'aurais bien voulu être une petite souris !
Debriefing à 11h30 : tout s'est très bien passé. Margaux a joint le groupe pour la lecture de l'histoire, a fait de la peinture, a également beaucoup observé les autres enfants. Elle m'a aussi raconté qu'elle avait chanté une chanson qu'elle ne connaissait pas encore. La maîtresse m'a dit qu'elle avait l'air très autonome.
Tout ceci est bien rassurant. Pour la rentrée prochaine déjà, je pense que ça va bien se passer. Et puis plus globalement, je me dis qu'on n'a pas si mal "bossé" depuis 3 ans, pour que notre petite bichette arrive à se fondre dans un nouvel environnement si vite et si facilement. Les bases sont bien posées, quoi. Que le lecteur ne se méprenne pas, je n'insinue pas que si un enfant mettait plus de temps pour se sentir à l'aise dans une situation similaire cela voudrait dire qu'il n'aurait pas été assez materné ou je ne sais quoi. Bien évidemment tous les enfants sont différents et réagissent selon leur propre caractère, leur propre histoire, leurs propres besoins. Mais je ne peux m'empêcher d'être un poil fière, quand même, car on ne peut nier que l'accompagnement fourni pendant les premières années a sa part d'influence sur la façon dont un individu vit et ressent les évènements qui croisent sa route. Après, on verra bien ce que l'avenir nous réserve...
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NB: je tâcherai de ne donner ici aucun détail permettant d'identifier l'école de Margaux. Cela reviendrait à dire à tous les détraqués qui traînent sur Internet "voici l'heure et l'endroit où vous pourrez trouver ma fille, des fois que ça vous intéresse", et ce serait absolument stupide et irresponsable. Margaux grandissant, je compte d'ailleurs être de plus en plus évasive sur les indices qui permettrait de nous/l'identifier dans la vie réelle. Je suis peut-être un peut trop méfiante, mieux vaut trop que pas assez sur ce sujet (enfin c'est mon avis et il n'engage que moi, bien entendu). Voilà pourquoi vous ne lirez qu'assez peu de choses concernant les pédagogies alternatives, par exemple, car dans un sens ou dans un autre cela serait une piste un peu trop évidente. C'est dommage en un sens, car c'est un sujet passionnant et qui intéresse sans doute beaucoup d'entre vous, mais maintenant qu'on entre dans le vif du sujet... et ben non quoi.
Les amis de Margaux
Il y a tous ces amis imaginaires... et puis il y a quelques unes de ses poupées et peluches qui ont eu droit à un nom permanent. Je vous présente dans l'ordre :
Rolinstone - Papillon - Roualguine - Eliot
1- Qui connaît Turlututu et a lu les derniers n° de Tralalire comprendra
2- Ne me demandez pas d'où ça lui vient, on n'en a aucune idée
3- idem
4- C'est le nom du petit garçon qui était gardé chez sa nounou au début de l'année, mais la poupée est quand même une fille !
3 zans !
Une petite louloute qui continue à grandir à son rythme, et qui, à 3 ans... (en vrac)
- n'a plus peur de la douche ni du sèche-cheveux, et accepte enfin de lever le menton pour qu'on lui mouille la tête
- prend plaisir à se lier avec d'autres enfants au parc (enfin... quand il n'y a pas trop de monde, quand même)
- continue a enrichir son vocabulaire de jour en jour (mais où s'arrêtera-t-elle ?)
- prend confiance sur sa draisienne
- se dirige lentement mais sûrement vers un sevrage naturel
- nous fait parfois le plaisir de dormir toute la nuit sans nous appeler (mais c'est encore trop rare à mon goût)
- est toujours aussi enchantée lorsqu'elle porte les vêtements que je lui fais
- devient très câline mais refuse catégoriquement de nous faire des bisous (seul le chat y a droit !)
- peut passer de longs moments à jouer toute seule et se raconter des histoires plus ou moins réalistes mais toujours très vivantes
- a de nombreux amis imaginaires aux noms tous plus improbables les uns que les autres - mais son préféré c'est Arthur, puis vient ensuite Balia (sa p'tite soeur)
- adore s'entraîner à sauter sur place, et la dernière marche des escaliers
- se scratche régulièrement les genoux en courant sans lever les pieds
- ...
J'en oublie certainement, mais voilà en gros les petites choses du quotidien de Margaux en ce moment.
A bientôt pour un billet un peu plus conséquent peut-être ?
Et merci pour vos attentions ! ;-)
Petit cours d'éducation "sescuelle"
L'autre jour, Margaux farfouille dans notre chambre pendant que je range le linge, et me demande :
"- C'est quoi ça ?
- Ca, c'est ... un préservatif.
- Et ça va où ?
- Ben... ça va sur le zhi-zi de papa... C'est pour pas faire un bébé quand papa et maman font un gros câlin.
- Un bébé dans le ventre ?
- Exactement ma chérie, c'est pour éviter que Paulo aille dans le ventre de maman."
Fin de la discussion, l'explication lui a suffit. Le lendemain, elle a récité parfaitement sa leçon à son père (elle avait juste oublié le nom de l'objet en question). Et Paulo, me direz-vous, c'est qui celui-là ? Paulo, c'est lui :

PS: non, ce blog n'est pas mort, mais je manque cruellement de temps pour rédiger des billets dignes de ce nom, alors la plupart du temps je m'abstiens. Et pourtant j'en aurais des choses à raconter, sur la propreté, le sommeil, l'école, etc... Mais j'ai juste pas l'temps !
Logique ! (les mots de Margaux - 8)
Pour manger à table, Margaux est assise sur une chaise trip-trap, qui lui permet d'être au bon niveau et sur la même table que nous. Elle y monte toute seule, et on la rapproche une fois qu'elle est assise. Et bien sûr elle descend TOUTE SEULE aussi (c'est un peu le moto en ce moment, "c'est pas toi, c'était moiiiii !").
Bref. Ce matin, à la fin du petit dej', après l'avoir débarbouillée je lui dis qu'elle peut descendre. Et la voilà de me répondre :
- Attends, je me déproche.
^^
Fort à propos (les mots de Margaux - 7)
L'autre jour, je ramasse un escargot en tissu qui traîne sur ma table de couture, et je le pose un peu plus loin, sur l'étendage. Hier matin, Margaux s'en rend compte, et s'exclame :
- Mais... ! Non ! L'escargot, il a pas besoin de prendre sa lessive ! Quelle idée !







