Que tout le monde se rassure, il n'y a rien de grave.

Jeudi soir, au moment de coucher Margaux, je me viande dans le couloir avec elle dans les bras.
C'est dingue comme le temps se distend dans ses moments là, on se dit qu'on ne doit pas lâcher le "paquet", ne pas tomber dessus, ne pas l'écraser contre le mur non-plus, ça ferait mauvais genre, mais qu'on tombe quand même là, alors il faudrait bien trouver une solution, contenir l'enfant le plus haut possible sur l'épaule pour le protéger, et puis oui, l'autre main est libre, elle, et le genou, tiens, ça peut servir aussi... boum badaboum. Je savais bien que je n'aurais pas dû passer l'aspirateur ce jour-là (OK, j'aurais mieux fait de le ranger, c'est vrai).

Je me retrouve donc au sol, impossible de me relever, avec Margaux qui me hurle dans l'oreille. Évidemment elle a eu super peur. Bousier arrive à la rescousse pour récupérer la fille, le temps que je retrouve l'usage de mes jambes et que j'arrive à me relever. Aïe, ça fait mal quand même, mais Margaux pleure "mamaaaan", elle est inquiète de m'avoir entendu crier et veut me voir. Arnica, réflexe immédiat, pour elle comme pour moi, puis je remets la main sur mon flacon de Rescue, je lui en colle une giclée dans le bec (petite grimace, forcément c'est du cognac...). On se fait un gros câlin, je la laisse sortir sa peur, et puis au dodo, parce qu'il est tard.

Le lendemain, je constate qu'elle boîte. Sans faire le lien avec la veille, je cherche une écorchure sur son pied, mais rien. Elle réclame souvent de se promener avec son lutin dans sa poussette, elle s'en sert de déambulateur la maligne. Dans l'après-midi je finis par appeler notre médecin, qui me conseille de surveiller et d'aller à la maison médicale de garde si ça enfle. Samedi, la miss toujours boîteuse commence à m'inquiéter, elle est quand même très grognon, malgré la visite du grand cousin qui la comble. Je cherche donc le N° des maisons médicales de garde pour avoir l'adresse, et je tombe sur le médecin régulateur (du 15) qui ne prend pas de risque et me dit d'aller aux urgences pédiatriques de l'hôpital femme-mère-enfant (genre ils font un aiguillage systématique vers les urgences pour les bébés, je sens).

Arrivées là-bas, une infirmière me demande le poids de Margaux (pas pesée depuis 6 mois...), m'emmène la peser, veut en profiter pour prendre sa température car elle a le nez qui coule. Quand elle dégaine son thermomètre rectal, je lui dit que ce n'est même pas la peine d'essayer, on n'y arrivera pas. Alors elle sort une espèce de bâton relié à un boîtier, pour prendre la temp' sous le bras. Margaux panique à mort, elle s'accroche à moi et se débat comme un diable. Grosse trouille quoi. On arrive tant bien que mal à prendre la température, c'est assez rapide mais pas avec un bébé paniqué. Je verbalise sa peur, je la serre dans mes bras, et on se rhabille. Direction le guichet suivant avec le dossier, on nous fait patienter pour voir le chirurgien orthopédique.

Et là, ben on a attendu, attendu, attendu... pendant 2h. Dans un endroit pas du tout fun, même pas de fenêtre, et quasiment aucun jeux (juste un boulier accroché au mur, c'est un peu limite quand même). Une fois nommé tous les animaux dessinés au mur (et il n'y en avait pas des masses), les distractions deviennent difficiles à trouver, malgré les jeux que j'ai emportés (prévoyante la fille, je connais un tout petit peu les hostos, quand même...).

Le toubib arrive, et une fois la porte de la salle de consultation fermée, re-panique. Le pauvre, il était tout embêté ! Et moi donc, qui ne vois pas comment faire autrement que d'accueillir la peur (allez réaisonner un bébé qui hurle de panique !), en me disant que si ça doit durer 10 mn, on est un peu mal. Histoire de gagner du temps, j'explique la chute au doc. Dans la salle, rien, aucun élément prévu pour distraire ni pour rassurer les enfants, la cata ! Ma seule diversion est de proposer à Margaux de se laver les pieds dans le lavabo, sa grande passion du moment. Mais impossible de laisser approcher le médecin, elle reste carrément sur ses gardes. Il me demande de la faire marcher, alors je la pose et je m'éloigne. Bien sûr la peur dépasse largement la douleur, et elle me rejoint sans presque boiter. Puis elle me demande à sortir, alors ni une ni deux j'ouvre la porte et je l'accompagne au boulier, je m'en fiche de la "confidentialité", et le médecin nous suit.

Voilà, fin de la consultation, ou presque. Comme elle ne boîte quasiment pas à ce moment-là, ce n'est probablement pas une entorse, et ça se remettra tout seul. On a perdu notre après-midi mais je suis rassurée.

Par contre, je suis en colère contre les médecins régulateurs du 15, qui dés qu'on leur parle d'un problème avec un bébé, nous envoient directement aux urgences à l'autre bout de la ville, alors qu'un "simple" médecin pourrait tout aussi bien faire l'affaire. Le problème étant qu'on est obligé de passer par eux avant d'aller aux MMG, car les adresses ne sont pas indiquées sur le web.

Et je suis franchement déçue par HFME, un complexe flambant neuf, qui n'a même pas prévu dans les salles d'attente des urgences pédiatriques de quoi occuper et détendre les petits patients qui préféreraient largement être ailleurs. Bien sûr, les jeux des salles d'attentes sont des nids à microbes, et leur absence est certainement justifiée pour éviter de transmettre à tout le monde la gastro ou la bronchiolite du premier visiteur du jour. Mais dans le coin chirurgie, là, je ne comprends pas la raison d'un tel manque. Il pourrait y avoir un peu de lecture, ou davantage de déco sur les murs par exemple.

Et sinon, l'ensemble de mon genou est d'une jolie teinte technicolor qui évolue au fil des jours, heureusement qu'on n'est pas encore en été...