Depuis que Margaux a environ 1 an, on me demande régulièrement si je songe à mettre le 2e en route. Mouahahahahaaaaaaa ! Mieux vaut en rire qu'en pleurer hein... ? Disons que tant que je n'aurais pas rattrapé mes 12 18 20 mois de sommeil en retard, 'pas moyen que je remette le couvert de sitôt. Et même si tous les enfants sont différents, et que rien ne me dit que le suivant ne sera pas un gros dormeur. Certes. Mais comme rien ne me dit non-plus qu'il ne suivra pas le chemin de la première, hors de question pour moi de prendre le moindre risque.

Voilà. Ça c'était grosso modo ce que je répondais en 2009. Et puis voilà que pendant nos vacances de Noël, j'ai eu mon retour de couches. Je m'y attendais autant que je le redoutais. Mine de rien, à passer plus de 2 ans sans ces "désagréments" mensuels, on y prend goût. Mais je savais qu'en étant au boulot sans tirer mon lait, ça allait précipiter les choses, malgré les tétées de nuit. Pendant ces nombreuses semaines où je sentais ces petits changements précurseurs dans mon corps, je n'étais clairement pas heureuse de l'issue inévitable. Parce que ça signifiait bien sûr retrouver la compagnie de ma moon-cup et tous les détails matériels qui vont avec (les petites douleurs, l'incertitude de la fuite, etc.). Ça signifiait aussi que je n'allaitais plus mon bébé autant que la Nature l'avait prévu. Le mythe de la "mauvaise mère" n'était pas loin, même si j'ai repris le boulot de mon propre chef et qu'on y a tous trouvé un certain équilibre - j'ai toujours montré ici mes incohérences, ce n'est pas une première.

Contre toute attente, j'ai vécu l'évènement de façon plutôt positive. Comme si je retrouvais une partie de moi qui était restée enfouie pendant bien longtemps, et qui finalement me manquait un peu. Comme si à présent j'étais réellement à la fois mère ET femme, totalement moi-même. Curieusement, j'ai même eu envie de célébrer l'évènement, comme si c'était en quelque sorte pour moi une renaissance.

Et voilà qu'est venue se glisser en moi une envie de BB2... Comme si mon corps me disait qu'il était prêt à retenter l'aventure. Mouahahahahaaaaaaa ! Mieux vaut en rire qu'en pleurer hein... ? Nan, parce que le manque de sommeil est toujours là, et que je ne suis pas prête, mais alors vraiment pas prête à gérer la fatigue tout en vivant une nouvelle grossesse (désolée, les tatas ;-), si je vous ai donné un faux espoir...). Et puis je pense aussi à Margaux, que je crois trop petite pour être "propulsée" grande soeur.

Ce n'est pas qu'une impression personnelle, c'est aussi une vérité que j'ai retiré de "Oui la nature humaine est bonne" (toujours pas eu le temps de le rouvrir pour faire une fiche de lecture, hem hem), où j'ai appris que les premiers élans de violence éducative sont nés lorsque le l'homme s'est sédentarisé : alors que la Nature avait prévu un allaitement à la demande long, qui permettrait d'espacer les naissances d'environ 6 ans (si ma mémoire est bonne), la sédentarisation a permis à l'Homme de sevrer plus rapidement les bébés, ce qui a eu pour conséquence de rapprocher les naissances. Mais la dynamique hormonale de la jeune maman n'a pas subi de modifications pour autant, et lorsqu'elle perçoit une menace à l'encontre de son nouveau-né, tout son corps lui crie de porter secours au sans-défense contre l'agresseur. Et voilà comment l'aîné, qui est encore un bébé en réalité, s'en prend plein la tronche, parce qu'on lui demande d'être "grand" avant qu'il n'en soit capable.

Je ne dis pas que les parents qui choisissent d'avoir des enfants d'âge rapprochés sont inconscients ou irresponsables. Je ne dis pas non-plus qu'il "faut" respecter absolument un écart minimum entre 2 enfants pour que tout se passe bien. A discuter un peu autour de moi avec des parents qui ont des enfants rapprochés ou au contraire éloignés, je vois bien que la réalité est complexe et que de multiples facteurs entrent en jeu. Mais il est sûr que je ne me sens pas capable aujourd'hui de gérer des enfants avec moins de 3 ou 4 ans d'écart, sans craindre sérieusement pour ma santé mentale ou celle de mes enfants, surtout dans le contexte sociétal dans lequel on vit (chacun chez soi, pas de communauté sur laquelle se reposer, etc). Et la façon dont j'ai traité le chat depuis que la famille s'est agrandi me conforte dans cette impression.

Doooonc, mesdames mes hormones, je vous seraient gré de vous mettre en sourdine, merci bien.